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Se polluer soi-même?

Se polluer soi-même? dans -> ACTUS lutte

Il y a quelques jours, plusieurs dizaines de salariés des Ardennes menacés de perdre leur emploi se disaient prêts à déverser dans la Meuse,  « [...] après les 500 litres d’acide chlorhydrique, nous avons préparé 500 l d’eau oxygénée, c’est 50 fois plus violent », s’ils n’étaient pas entendus par les autorités locales.

Cadre de cette affaire, la société ardennaise Lenoir-et-Mernier et ses 130 emplois. Celle-ci fabrique notamment des boulons pour l’industrie, d’où la présence d’importants stocks d’acide sur le site de production à des fin de décapage. Cette société avait été mise en liquidation judiciaire le 7 février. S’en était suivi le dépôt d’une plainte des salariés à l’encontre de l’ancien PDG (abus de biens sociaux, détournement d’actifs, présentation de faux bilan, vol et banqueroute). Or les deux dossiers de reprise partielle ne proposaient que de conserver 10 ou 40 des emplois existants. La menace de déversement intervennait donc après cinq semaines de discussions infructueuses avec les politiques locaux. Il est possible de consulter le blog des salariés qui relate leurs actions au jour le jour à cette adresse.

Signalons également que le cas n’est pas isolé comme le confirme cet article. Ainsi, « En 2000, un autre village des Ardennes, Givet, a été le théâtre d’une action du même genre. Les ouvriers de l’entreprise Cellatex avaient déversé 5000 litres de sulfure de carbone symboliquement coloré en rouge dans un petit affluent de la Meuse. Du côté des défenseurs de l’environnement, on se refuse à condamner formellement. En 2000, les Verts avaient ainsi publié un communiqué de presse pour soutenir les salariés de Cellatex. » Source

Question immédiate, est-il possible de se faire entendre sur de telles bases ? N’est-ce pas là ouvrir une jurisprudence des plus dangereuses ? Mais en se plaçant au-delà de cette interrogation liminaire et sans doute nécessaire, ne serait-ce pas là également l’occasion - ou le symptôme - qui nous permettrait d’évaluer certains des méfaits de l’emballement environnementalo-médiatique? De celle qui faisant la part belle à une image (argument et urgence) de nature, chosifie cette dernière de sorte à en faire l’objet otage possible de tous et par tous. Suicide et désespoir? Est-ce réellement se polluer soi-même ou alors polluer les idéaux des autres ? Une nouvelle version de l’après moi le déluge ?

signalisation dans -> ACTUS

Cette affaire semble bien être un symptôme intéressant, cela à plusieurs niveaux. Tout d’abord de l’environnement comme machinerie abstraite, nature virtualisée rendue pilotable et valorisable du dehors par morceaux et séquences.

Secundo, de la question de la place de l’homme dans la nature en tant que préalable à l’action, question qui n’est pour ainsi dire absolument plus réactualisée. Du fait de l’urgence nous dit-on! Aide humanitaire d’urgence, aide planétaire d’urgence… Visiblement tout s’accélère de nos jour. Plus le temps de penser et donc de développer. Dire que tout cela est certainement de la faute à Descartes…

En conséquence, il ne faut pas s’étonner que dans l’urgence certains en viennent à ce type de solution d’urgence. Par ailleurs, il ne faut pas s’étonner non plus que l’environnement, constituant par bien des points la nature en tant qu’objet découpable, et par la même valorisable, et bien que celle-ci puisse devenir objet otage pour et par tous. Pour toutes ces raisons il  semble que ce type de menace soit amenée à s’amplifier dans le temps. Tout comme la constitution d’un musée appelle le voleur, à la constituons d’une armée de soldat béats répondra des foyers de guérillas.

bisounours

Produire des soldats

Le cas Lenoir-et-Mernier révèle sans doute du fait qu’on ne mobiles pas sans danger des armée entières avec comme seul cri de sauver la terre. Tout du moins sans que certains hommes ou groupes ne finissent par se révolter de la sorte. Révolte contre les effets du capitalisme mondialisé, révolte contre une certaine écologie elle-même enfantée du recyclage des déchets du système, pour que tout continue.

Voir, écouter  »Non non rien n’a changé, tout va continuer« , publicité révolutionnaire du poulet de Loué.

http://www.dailymotion.com/video/x2x5d8

Le cas Lenoir-et-Mernier révèle sans doute du fait qu’on ne mobiles pas sans danger des armée entières avec comme seul cri de sauver la terre. Tout du moins sans que certains hommes ou groupes ne finissent par se révolter de la sorte.  Révolte contre les effets du capitalisme mondialisé, révolte contre une certaine écologie enfantée du recyclage de l’image système: pour que tout continue.

Des modernités émerge une foule d’avatars archaïques, autant de masques temporaires aux nouvelles formes de pensées encore seulement pressenties, cherchant encore leur forme comme leur véritable objet d’étude. En ce sens, la question écologique ne serait-elle pas une tentative d’actualisation de la question du sacré telle qu’abandonnée par nos sociétés ? C’est à dire des rapports que nous sommes capables d’établir avec les forces et puissances supérieures que nous rencontrons dans la nature (climat, eau globale..), et la manière dont nous composons, nous concilions avec au sens d’un Spinoza. Or le risque du sacré c’est qu’il tourne très vite au religieux, au dogme, au dur. Qu’un rapport de force finisse toujours par s’identifier avec ses masques, se retourne contre lui.

Il serait sans doute utile d’interroger plus en avant le rôle des images dans le monde occidental. Hier comme aujourd’hui, notre capacité à composer avec. L’exemple d’une émission comme Ushuaia - son impact en termes de prise de conscience des enjeux écologiques à partir d’une succession ou montage de cartes postales esthétisantes, angle d’accès construit vers une certaine nature - semblerait ici un symptôme particulièrement intéressant à étudier.

A l’heure de l’individu.findel’histoire.tv, former de nouvelles armées requière la mobilisation de puissants ressentiments, médications englobées d’images à l’anis. Puissants mais pas nouveaux. La vieille idée de rachat des fils, l’image du déluge à toutes les sauces, l’illusion de la clarté de l’histoire. Des cases claires et transparentes, galeries théâtrales où s’agiteraient des premiers rôles tous préemptés par les images ex-nihilo des Descartes, des Platon… Un rapport à l’histoire proche de ce que remarquait François Furet à propos de la perception des français de leur révolution: « évènement faussement considéré comme clair par tous nos contemporains ». D’où l’option suivante: « je crois que la vie scientifique commence par l’étrangeté ». Voilà ici dénoncé en quelques mots les dangers de la familiarité, l’impérieuse nécessité que nous avons d’ajouter de l’obscurité, de mettre du complexe dans nos représentations et symboles.

De l’aide au développement sur fond de décolonisation, à l’environnement sur fond de crise téléonomico-sociale, produire de bons soldats béats requière toujours peu ou prou les mêmes étapes de non interrogation et d’oubli du temps de la construction de nos symboles.  Toute archéologie ou tentative de généalogie mises la poubelle, s’il y a bien recyclage aujourd’hui, c’est aussi bien de l’histoire que des idées, comme des sacs poubelles.

Petite histoire de l’écologie (petite)




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