Modus vivendi

 » On ne sait jamais d’avance comment quelqu’un va apprendre – par quelles amours on devient bon en latin, par quelles rencontres on est philosophe, dans quels dictionnaires on apprend à penser. Les limites des facultés s’emboitent les unes dans les autres, sous la forme brisée de ce qui porte et transmet la différence. Il n’y a pas de méthode pour trouver les trésors, et pas davantage pour apprendre, mais un violent dressage, une culture ou paideïa qui parcourt l’individu tout entier (un albinos où nait l’acte de sentir dans la sensibilité, un aphasique où naît la parole dans le langage, un acéphale où naît penser dans la pensée). La méthode est le moyen de savoir qui règle la collaboration de toutes les facultés ; aussi est-elle la manifestation d’un sens commun ou la réalisation d’une Cogitatio natura, présupposant une bonne volonté comme une décision préméditée du penseur. Mais la culture est le mouvement d’apprendre, l’aventure de l’involontaire, enchaînant une sensibilité, une mémoire, puis une pensée avec toutes les violences et cruautés nécessaires, disait Nietzsche, justement pour dresser un peuple de penseurs, donner un dressage à l’esprit « . Gilles Deleuze, Différence et répétition, p. 215.

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La méthode de ce petit blog est la non méthode de la boîte et des tiroirs où se répète du même, sous différentes perspectives. Certaines formes d’associations libres laissées au libre usage de chacun. On ne sait pas à l’avance ce que va pouvoir provoquer telle ou telle rencontre, comment on va comprendre ceci ou apprendre cela. Alors tantôt ça marche, tantôt ça ne marche pas… chaotique et hétérogène, mais qu’est-ce qu’on en ressent et qu’est-ce qu’on en fait ? Captures des antennes des uns, digestion et diffusion dans les herbes font parfois matières premières des autres.

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 » A mon sens, voyez-vous, les artistes, les savants, les philosophes semblent très affairés à polir des lentilles. Tout cela n’est que vastes préparatifs en vue d’un événement qui ne se produit jamais. Un jour la lentille sera parfaite ; et ce jour-là nous percevrons tous clairement la stupéfiante, l’extraordinaire beauté de ce monde… » Henry Miller.

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