Archive pour la Catégorie 'Art et ecologie'

La ville : espace public, espace privé, espace fragmenté

http://www.dailymotion.com/video/2Pq3lAMdAcvIygrU1

     Comment filmer un arbre sans filmer la forêt ? La forêt, c’est à dire le contexte productif que l’arbre produit. Idem, comment filmer l’élément urbain sans filmer la ville ? Et comment filmer la ville, l’arbre, la forêt, l’élément…autrement qu’à travers des fragments ? Dès lors, comment ceux-ci tiendraient-ils ensemble, une fois dit qu’une structure explicative narrative lourde n’est pas souhaitable ? 

Une réponse à ces diverses interrogations semble apportée par le film, très architecture photographie de nuit, Miami Vice de Michael Mann. Où comment utiliser au mieux des éléments épars – palmier, eau, codes couleurs des signalétiques - afin de construire les cadres expressifs qui permettrons, par intégration successives, de réaliser l’économie d’informations dialoguées souhaitée. En intégrant les fragments de la ville dans des codes couleurs, je la rends omniprésente, bien que le plus souvent hors-champ.

Petite synthèse de cet écosystème urbain nocturne où des hommes sans intériorité se dirigent comme avant tout déterminés par leurs relations d’avec le dehors - images insectes - vers les lumières, les portes, les écrans. La ville comme réseau d’écrans, les modulations ou reconfigurations de ce réseau comme indicateur de l’état intérieur, des affects de ses habitants. Imagerie cérébrale à grande échelle.

http://www.dailymotion.com/video/1NUmFZg1No5d4mIVV

Sur le web : La ville, espace public, espace privé par Dominique Wolton, directeur de recherches au CNRS, laboratoire « Information, Communication et Enjeux scientifiques ». Conférence du 08/02/2007, cycle de conférences : Vivre et imaginer la villeorganisée le 8 février 2007 à l’ENS.

« La ville, lieu de naissance de l’espace public. C’est là où, au-delà de la circulation des hommes et des biens, est née la liberté d’expression, condition de l’espace public. Là aussi, où est né l’espace privé, comme conquête des droits de l’individu. Aujourd’hui, la ville est le lieu où se télescopent les réseaux physiques et symboliques de communication. Le lieu où cohabitent toutes les problématiques de la communication. »

Documents en ligne:

La ville : espace public, espace privé, espace fragmenté dans -> PERSPECTIVES TRANSVERSES realbig

img4small487 dans Art et ecologie

(E)colo-cast

Ecolocast

* Idées

(E)colo-cast dans Art et ecologie logofranceculture Croisements
loading dans BiodiversitéL’homme est-il un animal ?
(avec Alain Prochiantz et Philippe Descola)

 » Définir l’homme par rapport à l’animal n’est-ce pas le rêve avoué des philosophes depuis le XVII siècle ? L’enjeu était de taille, puisqu’il en allait de la définition du propre de l’homme autant que de sa destination. Si le biologiste aujourd’hui admet que l’homme est à peu près un animal comme les autres, tant les différences génétiques entre un grand singe et l’homme sont infimes, il accorde néanmoins de l’importance à la discontinuité existante entre l’homme et l’animal. L’anthropologue semble faire le chemin inverse. Face aux progrès de l’éthologie de terrain, il détrône l’homme d’un certain nombre de suprématies. Il met les capacités cognitives des hommes et des animaux en partage. Notamment sur le plan de la technique. Il respecte également les sociétés animistes qui font de l’homme et des animaux des vivants possédant des qualités autonomes. Un dialogue qui brouille les frontières et redistribue les rôles. »

+ Ecouter

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logofranceculture dans Ecosophie ici et la Le champ des possibles 
loading dans EnergiePourquoi une technologie prend (ou échoue) ?
 

 » Après presque 10 mois passés à observer les effets de certaines innovations sociales ou technologiques, et la manière dont s’inventent ainsi les mondes de demain, aujourd’hui retour sur l’histoire, pour observer à la fois les composantes de la dynamique de l’innovation technologique, mais aussi ses possibles ratés. L’histoire des techniques est jalonnée de quelques flops retentissants, de plusieurs miracles improbables, de vieilles lunes sans cesse réactivées, d’intuitions matérialisées ou d’idées saugrenues. Mais, quoi qu’il en soit, tout ce qui nous entoure est le produit d’une construction dont les ressorts ne sont pas seulement techniques, mais également sociaux et politiques.Si votre frigo fait du bruit, ce n’est pas parce que c’était la meilleure technologie possible, mais parce que l’entreprise qui a développé cette technique l’a emporté économiquement sur une autre qui proposait un modèle tout aussi performant mais plus silencieux. Mais si l’innovation technologique n’est neutre ni politiquement ni socialement, qu’est-ce qui explique qu’elle prenne ou non ? Quelles sont les conditions de réussite ou d’échec d’une innovation technique ? Que retrouve-t-on dans le cimetière des innovations échouées ? Et que nous apprend l’histoire des révolutions industrielles sur un possible changement de civilisation lié à l’évolution et à la diffusion des technologies contemporaines.
Avec François Caron, historien et Nicolas Chevassus au Louis, biologiste et journaliste. « 

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logofranceculture dans Entendu-lu-web loading dans Monde animalEcosophie – invitations à l’imaginaire

 » Un spectre hante le monde : le monde peut être dévasté ! D’où l’émergence d’une nouvelle sensibilité qui, au-delà ou en-deçà d’une écologie strictement politique, s’emploie à penser un nouveau rapport à la « terre mère ». Rapport n’étant plus intrusif, il fait de l’homme le « maître et possesseur de la nature », mais beaucoup plus partenarial. C’est cela que l’on peut nommer « ÉCOSOPHIE » : une sagesse de la maison commune qui ne sera pas sans incidence pratique dans la vie quotidienne et dans l’imaginaire collectif.
Avec Stéphane Hugon, sociologue et président d’Eranos ; Massimo Di Felice, professeur à l’Ecole de Communication et Art de l’Université de São Paulo et Andréi Netto, envoyé spécial du journal « O Estado de São Paulo ».Enregistré le 24 mai 2011. »

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logofranceculture dans Monde végétal Les matins loading dans OikosDémocratie et crise écologique

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* Forêt

logofranceculture dans Philippe Descola Contre-expertise
loading dans Ressource en eauPatrimoine, exploitation, loisirs : que faire de nos forêts ?

logofranceculture Culture monde
loadingPour tout l’or vert du monde : 1/4 petite géohistoire de la forêt

+ Dossier spécial forêt de Télérama 

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* Entre terre et mer

logofranceculture Les rencontres d’Averroès
loadingDe la terre, peut-on la protéger ?
loadingDe la mer, est-elle menacée ?

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Step(pe) in danse (ecosystem)

Complexes de sensations et modèles de danse … à la fois …
http://www.dailymotion.com/video/xjl2h2
http://www.dailymotion.com/video/x2c131

Hachiche silencieux

 Delacroix-Baudelaire

« J’affirme que si vous voulez parler de choses vivantes, non seulement en tant que biologiste académique mais à titre personnel, pour vous-même, créature vivante parmi les créatures vivantes, il est indiqué d’utiliser un langage isomorphe au langage grâce auquel les créatures vivantes elles-mêmes sont organisées – un langage qui est en phase avec le langage du monde biologique ». Gregory Bateson

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Contradictions dans la sensibilisation

S’adresser à la raison de l’individu cartésien pour lui démontrer les méfaits de cette même raison sur le bon état de conservation de la planète … ou mobiliser les affects passions d’un corps spinoziste – seul un affect peut dépasser un autre affect. Guider les puissances d’agir, l’art de transformer la connaissance (générique) en affect. 


(Capitalisme, désir et servitude - avec Frederic Lordon
La suite dans les idées - France Culture – 02/10/2010)


(
Capitalisme, désir et servitude - avec Frederic Lordon - La suite dans les idées – France Culture – 02/10/2010)


(L’autre Spinoza 2/5 : La décision de Soi - avec Pascal Séverac - Les nouveaux chemins de la connaissance – France Culture – 04/01/2011)

Principe d’attention, dealer de ce hachiche là

Principe d’attention, ouvrir à des vacuoles de silence, dealer de ce hachiche là. Transformer la connaissance en affect, l’art des correspondances. 

http://www.dailymotion.com/video/xfgasf (Baudelaire et « la confiture verte » – avec Jacques Darriulat - Les Nouveaux chemins de la connaissance -  France Culture - 09.09.2010 (:) La voix de Gilles Deleuze en ligne – Cours Cinéma du 04/05/82)

http://www.dailymotion.com/video/x5dudn (Monde des choses et invention – avec Michel Serresconférence université Lyon 2)

Des correspondants …

Transformer la connaissance en affect, des noeuds-passeurs dans le réseaux des correspondances, des occasions d’actions. 

Ici … Sur les épaules de DarwinJean-Claude Ameisen - France Inter : Biodiversite - Mort cellulaire et sculpture du vivant (1) et (2) … et là …

http://www.dailymotion.com/video/xf2unq (Eco-dialogues du Vigan, avec Francis Halle)

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 Hachiche silencieux dans Art et ecologie whatsoniconpodcasts20100901Renconres sonores …

- Droit et politique
* Tout préjudice à l’environnement est-il « compensable »?
Le Bien commun – France Culture –  23.10.2010
* Le catastrophisme, maladie infantile de l’écologie politique
Les Controverses du progrès – France Culture –
29.10.2010
*
Un droit d’ingérence écologique est il souhaitable ?
Le Champ des possibles – France Culture –
08.10.2010
- Climat
* Le changement climatique sur Planète terre (2007-2010) 
Planète terre – France Culture – 2007/2009
* Controverses climatiques
Continent Sciences – France Culture – 25.10.2010
* Forêt et climat : liaisons dangereuses ?
Planète terre – France Culture – 06.10.2010 
(rapport FAOsituation des forêts dans le monde 2009)

Les hommes qui plantaient des arbres …

Du médecin, symptôme, au pharmacien, dose. De 1987 à 2009, quelques fragments d’images révélateurs de l’évolution de notre capacité à englober les « artefacts » dans une vision littéraire du monde.
2009, des images outils de « désinfection » en batterie pour lutter contre la désaffection et la désaffectation ? Curieuse et triste dépoétisation pour lavement, culte du propre qui déshabille les traces comme les sons.
Motivations. Trier sa poubelle, une conséquence de quoi ? De quel récit, de quelle littérature, de quel (re)montage du monde ? Dans l’infinité des causes et des effets d’un plan de composition, de la nécessité de la perspective esthétique du geste, du synthétique et de l’englobant.
De l’utilité de la littérature et des conséquences de sa raréfaction dans nos écologies mentales, nos modes de (se) représenter, aborder.
Des chiffres de la mécanique mimétique des gestes qui tombent du ciel, le syncrétisme des maux mélangés, trop de sans mots, de coupables usurpateurs qui avouent comme désin-désaf-fectent à moindre coût, bien facilement.

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 1987 …

http://www.dailymotion.com/video/x3e5hj Film d’animation de Frédéric Back, l’homme qui plantait des arbres, texte de Jean Giono (1953), première partie.

http://www.dailymotion.com/video/x3e5ki Film d’animation de Frédéric Back, l’homme qui plantait des arbres, texte de Jean Giono (1953), seconde partie.

2009 …

http://www.dailymotion.com/video/x8mo9e Bande annonce de Home de Yann Arthus-Bertrand.

http://www.dailymotion.com/video/xai892 Bande-Annonce du Syndrôme du Titanic de Nicolas Hulot et Jean-Albert Lièvre.

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http://www.dailymotion.com/video/x71djv Habiter techniquement la nature, naturellement la technique …

(Re)montage(s)

http://www.dailymotion.com/video/x9uikt Le monde est démonté, comment remonter le monde ? Georges Didi-Huberman, entre autres …

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L’imagerie écologique, celle-ci a pour ambition de relier entre eux tous les points de l’univers. Dévoiler sans masquer, elle déborde des cadres. Hors-champ, elle appelle nécessairement à un certain type de (dé)montage « cinématographique ».

Remontage des coupes que nous faisons dans l’étoffe des choses, précisément afin de se dévoiler le tissu des relations qui porte tout existant, ces vastes parties du réseau de la pensée qui se trouvent situées à l’extérieur du corps. Se faire voir, jeu de miroirs, des différences et des connaissances, comment le dedans sélectionne et se tisse du dehors. Ce qu’il prend, ce qu’il laisse, comment il combine, digère, et à quels rythmes.

A côté de cette vision d’une certaine image écologique, [voir à la fois], advient également une affaire de technique. Technique de remontage et de position. Mettre en mouvement ses images, celles qu’on a imprimées du dehors, c’est vouloir (libère) se ressaisir des traces de quelque chose de soi et du monde.

Souligner ses vitesses et ses lenteurs, ses capacités d’affecter et d’être affecté. Mes prélèvements, mes transformations, mes pliages, mes collages du dehors. Je(u) de l’enfant qui se donne à voir comment et avec quoi il devient, il organise son monde. Je(u) de l’enfant qui regarde sa maison en simulant la sélection, la découpe permanente qu’il fait dans l’étoffe des choses. Je(u) de l’enfant qui se dédouble sous la forme d’un récit-remontage de ses propres archives pour rendre perceptibles à l’écran ces innombrables clichés qui restent inutiles parce que l’intelligence ne les a pas développés.

Plier des « forces-photons » dans des images, écologiques car inclusives, remonter un tissage, voilà des artifices, qui sans prétendre dire le vrai, nous permettent de saisir que nous n’avons pas du tout à choisir entre la technique et la nature. Nous habitons techniquement la nature, nous sélectionnons, et naturellement la technique, nous agençons. 

L’écologie : un certain type de remontage du monde. Accès à la connaissance par ce montage qui fait voir le mouvements qui passent entre les choses. L’image, ou comment saisir les rapports inévidents entre les chose. Mettre en relation, dresser des ponts baroques.

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« Car c’est là [i.e. la durée] ce que notre représentation habituelle du mouvement et du changement nous empêche de voir. Si le mouvement est une série de positions et le changement d’une série d’états, le temps est fait de parties distinctes et juxtaposées. Sans doute nous disons encore qu’elles se succèdent, mais cette succession est alors semblable à celle des images d’un film cinématographique : le film pourrait se dérouler dix fois, cent fois, mille fois plus vite sans que rien fût modifié à ce qu’il déroule ; s’il allait infiniment vite, si le déroulement (cette fois hors de l’appareil) devenait instantané, ce seraient encore les mêmes images. La succession ainsi entendue n’ajoute donc rien ; elle en retranche plutôt quelque chose ; elle marque un déficit ; elle traduit une infirmité de notre perception, condamnée à détailler le film image par image au lieu de le saisir globalement. Bref, le temps ainsi envisagé n’est qu’un espace idéal où l’on suppose alignés tous les événements passés, présents et futurs, avec, en outre, un empêchement pour eux de nous apparaître en bloc (…) »
Henri Bergson, La pensée et le mouvant, Introduction, Ière partie (Paris, P.U.F. Quadrige, 1990, p. 9-10)
 
«  (…) Il est vrai que, si nous avions affaire aux photographies toutes seules, nous aurions beau les regarder, nous ne les verrions pas s’animer : avec de l’immobilité, même indéfiniment juxtaposée à elle-même, nous ne ferons jamais du mouvement. Pour que les images s’animent, il faut qu’il y ait du mouvement quelque part. Le mouvement existe bien ici, en effet, il est dans l’appareil. C’est parce que la bande cinématographique se déroule, amenant, tour à tour, les diverses photographies de la scène à se continuer les unes les autres, que chaque acteur de cette scène reconquiert sa mobilité : il enfile toutes ses attitudes successives sur l’invisible mouvement de la bande cinématographique. Le procédé a donc consisté, en somme, à extraire de tous les mouvements propres à toutes les figures un mouvement impersonnel, abstrait et simple, le mouvement en général pour ainsi dire, à le mettre dans l’appareil, et à reconstituer l’individualité de chaque mouvement particulier par la composition de ce mouvement anonyme avec les attitudes personnelles. Tel est l’artifice du cinématographe. Tel est aussi celui de notre connaissance. Au lieu de nous attacher au devenir intérieur des choses, nous nous plaçons en dehors d’elles pour recomposer leur devenir artificiellement. Nous prenons des vues quasi instantanées sur la réalité qui passe, et, comme elles sont caractéristiques de cette réalité, il nous suffit de les enfiler le long d’un devenir abstrait, uniforme, invisible, situé au fond de l’appareil de la connaissance, pour imiter ce qu’il y a de caractéristique dans ce devenir lui-même. Perception, intellection, langage procèdent en général ainsi. Qu’il s’agisse de penser le devenir, ou de l’exprimer, ou même de le percevoir, nous ne faisons guère autre chose qu’actionner une espèce de cinématographe intérieur. On résumerait donc tout ce qui précède en disant que le mécanisme de notre connaissance usuelle est de nature cinématographique. »
Henri Bergson, L’évolution créatrice, chap. IV (Paris, P.U.F. Quadrige, 2001, p. 305)

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Extrait du manifeste de Dziga Vertov, ciné-oeil (1923)
 
Je suis un œil.
Un œil mécanique.
Moi, c’est-à-dire la machine, je suis la machine qui vous montre le monde comme elle seule peut le voir.
Désormais je serai libéré de l’immobilité humaine. Je suis en perpétuel en mouvement.
Je m’approche des choses, je m’en éloigne. Je me glisse sous elles, j’entre en elles.
Je me déplace vers le mufle du cheval de course.
Je traverse les foules à toute vitesse, je précède les soldats à l’assaut, je décolle avec les aéroplanes, je me renverse sur le dos, je tombe et me relève en même temps que les corps tombent et se relèvent…
Voilà ce que je suis, une machine tournant avec des manœuvres chaotiques, enregistrant les mouvements les uns derrière les autres les assemblant en fatras.
Libérée des frontières du temps et de l’espace, j’organise comme je le souhaite chaque point de l’univers.
Ma voie, est celle d’une nouvelle conception du monde. Je vous fais découvrir le monde que vous ne connaissez pas (…)

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http://www.dailymotion.com/video/x6t99s Commentaires de Pierre Montebello : Deleuze, Bergson et le cinéma.

Des images [remontages] « écologiques » ?

 Des images [remontages]

« [...] nous reconnaissons dans tous les objets dont nous avons appris à nous servir l’action que nous accomplissons à leur aide, avec la même sureté que leur forme et leur couleur [...] toute nouvelle expérience active entraine de nouvelles attitudes vis-à-vis de nouvelles impressions. De nouvelles connotations d’activité servent alors à créer de nouvelles images actives. » Jacob von Uexküll.

« Ils [les arbres] ne sont qu’une volonté d’expression. Ils n’ont rien de caché pour eux-mêmes, ils ne peuvent garder aucune idée secrète, ils se déploient entièrement, honnêtement, sans restriction [...], ils ne s’occupent qu’à accomplir leur expression : ils se préparent, ils s’ornent, ils attendent qu’on vienne les lire. » Francis Ponge.

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Proposition : la question écologique appelle à un certain type de vision, d’images. « Photo-synthèse » d’une co-perception des choses qui figure, entre, des interactions.

Ces paysages inconnus, pour reprendre la formule de Proust, c’est pouvoir percevoir à la fois l’arbre et la forêt sans que l’un ne masque l’autre. L’arbre est donné à voir comme une configuration d’interactions, dynamiques et singulières appropriée aux conditions de vie de la forêt, celle-ci étant elle-même l’association d’arbres produite par leurs interactions.

L’arbre est producteur de la forêt qui le produit en retour. Comme le souligne Whitehead, pour qu’une interaction soit réelle, il faut en effet à la fois que la nature des choses en relation soit un produit de ces relations, et que les relations de leur côté soient des produits de la nature des choses.

La vision et l’image « écologique » , c’est donc à la fois l’arbre et la forêt, l’individu et la collectivité, le je et le nous qui cohabitent dans une même expression. Sa différence qualitative dans la façon dont nous apparaît le monde, c’est ce [à la fois] dedans-dehors, quand le récit de l’environnementalisme ne nous donnait à voir qu’un jeu de lego mais sans histoire.

D’où la nécessité de faire appel à cette compréhension intuitive qui passe par l’image, lieu de la cohabitation des contraires ou des oppositions apparentes, l’outil au service d’une correction systémique nous dirait Bateson.

« [...] L’art, à une fonction positive, consistant à maintenir ce que j’ai appelé « sagesse », modifier, par exemple, une conception trop projective de la vie, pour la rendre plus systémique [...] La question à poser à propos d’une œuvre d’art devient : quelles sortes de corrections, dans le sens de la sagesse, sont accomplies par celui qui crée ou qui « parcourt» cette œuvre d’art ? » Grégory Bateson, Vers une écologie de l’Esprit.

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image004 dans Des figures, des visages.

Produire une image, c’est capturer, condenser de l’air du temps, plier de ses forces dans un cadre, établir des liaisons entre ces configurations singulières que sont les choses. Circulation, de leur manipulation par les autres membres de l’essaim social, déploiement et recombinaison de ces liaisons « photo-chimiques » qui les brisent, se libèrent de nouveaux potentiels d’énergie disponibles à la production de vie sociale, à ces nouvelles surfaces de contact et d’échange.

L’image écologique, libre de droits, donne à voir le monde comme ensemble en coévolution, toile de la cohabitation des différents rythmes dans la maison terre. Au lieu de voir un seul monde, le nôtre, nous le voyons se multiplier, la formule de l’expression écologique, l’art ou la science de faire cohabiter les rythmes et de multiplier leur perception, les différents rapports que nous sommes capables d’engager avec, nos ressources.  

Ressort ici que son objet consiste à questionner l’émergence, la bonne manipulation comme les effets de l’abondance. Soit une trajectoire à la fois complémentaire et distincte de celle de l’économie, matière dont le discours travaille quant à lui les effets de la rareté.

Si l’économiste isole des objets et raréfie les variables, l’écologiste pratique quant à lui cet art du percevoir à la fois. On quitte l’homo-naturalus exclusif tel que présenté jusqu’ici. Accommodation de son cousin œconomicus duquel découlait une organisation du manque de nature dans l’abondance, une bascule du désir dans la peur de manquer (de l’ours blanc), la dépendance de l’écologie à une non production extérieure au désir, sa production ne passant plus que dans le fantasme (de la marche de l’empereur).

Alors face au pingouin anthropomorphe, à ce bombardement d’images (intraitables – incohabitables) tombées du ciel et qui viennent encombrer les dedans, mimétisme sentimental d’une nature apparente à reproduire, place à une certaine pratique de l’autoproduction dans le (se) donner à voir.

Désynchroniser et resynchroniser les chaînes par l’exercice de la « photo-synthèse ». Se développer au dehors en développant ces innombrables clichés qui nous encombrent, détricotter et retricotter pour en faire des images non exclusives, flottantes et temporaires, qui ne se disent pas à l’avance, qui disent à la fois, et par lesquelles on se branche, on déplie, on tisse comme on casse les chaînes pour se frayer des voies à l’expérience.

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image006 dans Education

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