Archive pour la Catégorie 'Edgar Morin'

Horizons divers [dits-verts] de l’écologie politique

http://video.google.com/videoplay?docid=8810721411965290622 « Gregory Bateson et l’épistémologie du vivant. Ou comment l’esprit émerge des circuits qui relient les organismes en co-évolution dans leur environnement » par Jacques Miermont.

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Un modèle fécond pour penser une écologie étendue: la danse.
Modèle de (la) danse qui capture d’autres modèles de danse : assurer la cohabitation des rythmes – intégrer différents langages – faire circuler des corps – ramasser des fragments éphémères - souplesse – laisser retomber – coups de dés, etc.

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 Horizons divers [dits-verts] de l'écologie politique dans André Gorz image0011

Fragments de rencontre urbaine
Séminaire du Collège International de Philosophie
les horizons de l’écologie politique, séance n°1, notes sommaires incomplètes.

« Prendre au sérieux l’idée d’« écologie politique », c’est reconnaître que le sens de cette expression ne peut se réduire ni à une collection de problèmes environnementaux, qu’il reviendrait au pouvoir politique de prendre en charge, ni à une doctrine susceptible d’être rangée aux côtés d’autres conceptions du monde et de la société, dans l’espace homogène et neutralisé d’une « histoire des idées politiques » dont les coordonnées, au fond, n’auraient guère changé. Tout au contraire, le propre des questions écologiques contemporaines comme des élaborations théoriques qui entendent les prendre en charge, est de ne laisser intact aucun des grands repères qui organisent l’horizon même de l’action et de la pensée politique : alors même que les problèmes posés par le dérèglement climatique, l’épuisement des ressources ou la réduction de la biodiversité donnent une urgence neuve au souci de l’intérêt général et du bien commun, ils dessinent un horizon dans lequel la définition de la citoyenneté, les échelles de temps et d’espace, le rapport au possible, la place conférée au savoir, l’articulation entre consensus et conflit prennent des formes largement inédites. Paradoxe de cette métamorphose : si, en un sens, toute la pensée politique moderne s’est située dans l’horizon du changement (de la transformation par l’homme de ses propres conditions d’existence, du progrès sous ses acceptions réformiste ou révolutionnaire, de la croissance comme vecteur de paix et de prospérité), l’écologie politique redouble cet impératif, nous enjoignant collectivement de changer tout en mettant en cause les formes jusqu’ici prises par cette dynamique transformatrice.« 

Introduction générale

-> Mathieu Potte-Bonneville.
Les problèmes et les mots de l’énoncé : l’horizon, l’écologie et politique.
- L’horizon ? Ce vers quoi il s’agit de fuir, de déborder.

- L’écologie ? Un concept intégrateur face  la simultanéité et l’horizontalité des problèmes liés.
Articulation ? Comment produire des horizons alternatifs à partir de l’écologie. dans un contexte d’effritements général des horizons idéologiques? L’urgence, les discours catastrophistes sont-ils compatibles avec les temps de production d’horizons alternatifs ?

- La politique ? L’horizon commun et le conflit.
Avec et pour quelle communauté écologique ? Immédiate mais introuvable (le lieu commun, « une autre planète est possible », les slogans).

Questions : l’écologie, lieu de la formulation d’un nouvel horizon ? Cet horizon vient-il se superposer à des schèmes politiques existants ? Quelles redéfinitions du politique à partir de l’écologie ? Vers une écologie politique productrice de zones d’horizons temporaires et hétérogènes ?

-> Pierre Zaoui.
L’écologie, des mouvements de conversions successifs ?
Quelles sont les forces de déplacement de l’écologie?
Quel(s) principe(s) d’espérance porté(s) hors heuristique de la peur ?
Une écologie-symptôme ? Le premier sentiment d’appartenance à un ensemble monde hétérogène, multiple et incoordonné.

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* Pierre Lauret. L’écologie peut-elle être une politique ? (références chez Gorz et Guattari)

L’objectif historique premier de l’écologie : une gestion rationnelle des écosystèmes (biotope + biocénose).
Un constat qui en découle : d
es états de fragilité dans les écosystèmes impliquant des menaces sur la durabilité de la vie humaine.
Conséquences : la question des interventions étatique et inter-étatique au regard de l’échelle des problèmes. La politique, in fine, l’élaboration de ce qui est commun, par arbitrage.
Une politique des conflits et des consensus. L‘écologie, une perspective englobante (des luttes) avec reconfiguration des forces politiques ?

La modernité : l’impératif du changement (la croissance).
L’écologie porteuse d’une double contrainte : ‘impératif de changer en changeant la manière de changer (la croissance).
La nécessité de repenser la signification du progrès.
Or si la simple technicisation des problèmes environnementaux n’est pas tenable, aujourd’hui on ne peut pas plus répondre avec le stock théorique d’écologie politique disponible (de Morin à Guattari).

* Écologie = politique = non
L’écologie n’est pas une politique.
Écologie = contrainte supplémentaire pour le système = ralentisseur de croissance.
Réponse aux problèmes environnementaux à travers la recherche de solutions technologiques dans une stratégie économique  (internalisation, partage et réduction du coût global).
Question posée au financement (arbitrage) public: quelle(s) technologie(s) financer.

* Écologie = politique = oui
Des points de conflit.
La question de la gestion des b
iens communs : exemple, la gestion climatique de l’atmosphère, un grand nombre d’acteur-usagers totalement hétérogènes et dont il faut garantir à tous l’accès.
Gérer un bien commun : mettre en place des stratégies coopératives.
Trois conditions pour mettre en place des solutions coopératives : confiance, efficacité socio-économique et équité.
Idem, question du financement étatique des solutions technologique (arbitrage entre les énergies : nucléaire, renouvelable, etc.)
Question de l’équité (pollueur/payeur), de la dette écologique des pays développés versus la dette financière des PVD.

Deux thèses :
Théorie de la justice appliquée à l’environnement.
Faire de la sphère publique (politique, conflit) une instance de la gestion (rationalité) bureaucratique  des affaires publiques.

Des thèses des fondateurs de l’écologie politique en France, de Morin, Gorz à Guattari, un point de convergence : l’écologie est politique, des points communs :
- l’écologie n’est pas réductible à sa composante environnementale (écologie généralisée);
- une critique radicale et originale au système capitaliste;
- un axe de mobilisation politique : une articulation entre la critique du système et la substitution de valeurs alternatives à la méritocratie (éthique).

Ces fondateurs admettent la prémice suivante : la capacité d’auto-régénération des écosystèmes est grandement endommagée par les techniques d’exploitation industrielle des ressources. Ceci implique un impératif écologique.
Un impératif écologique qui diffère de l’interprétation environnementale de l’écologie (= croissance verte, développement durable).
L’interprétation environnementale de l’écologie vise à rendre compatible la croissance et le mode de développement avec la finitude des ressources naturelles, par une détermination scientifique des capacités de résilience des écosystèmes (évaluation), la recherche et financement de solutions technologiques. Soit in fine le pari suivant : le système peut à nouveau intégrer/dépasser la crise en renouvelant les solutions technologiques (accès, production, consommation d’énergie) et la gestion régulée des ressources.
Solution irréaliste.

Andre Gorz : autonomie existentielle et critique des besoins.
La critique de Gorz de l’interprétation environnementale de l’écologie: une menace sur les libertés doublée d’une critique interne des modes de consommation et de production. Menace d’une expertocratie et d’une dépolitisation (hétéro-régulation).
L’écologie politique, la réunification des luttes traditionnelles, celles de 68 (chaque mouvement social est porteur de conflictualité, désir, politique).
L’écologie permet une double opération de réunification :
- une i
nterprétation de l’ensemble de ces luttes : ce qui se joue, le désir d’autonomie;
- le désir d’autonomie, ce qui peut le prendre en charge, c’est l’écologie politique.

* Réaction de Manola Antonioli à l’intervention de Pierre Lauret
Une perspective autre de la politique. La politique n’est pas que ce qui est commun, c.f. les agencements collectifs d’énonciation. Il faut sortir de l’idée de la perspective englobante. Savoir articuler les plans, en finir avec les barrières dans une écologie généralisée . A titre d’exemple, les ressources mentales sont tout autant menacées que les ressources naturelles.

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Face à la crise : développement durable et mondialisation
par
Luc Ferry
Conférence du cycle « La croissance verte, comment ? »

Les Lumières, un projet d’autonomie vis-à-vis de la nature (les sciences des Lumières, le tremblement de terre de Lisbonne, un projet de civilisation, le progrès).
L’autonomie, autrefois un p
rojet d’autonomisation vis à vis de la nature, aujourd’hui vis-à-vis de l’infrastructure capitaliste (couple concurrence-innovation) dans lequel est tombé (la chute) le projet d’autonomie des Lumières.
Infrastructure capitaliste : la fin du projet, le couple concurrence-innovation, l’impératif de la révolution permanente. Sélection naturelle, s’adapter à la concurrence, compétiter ou mourir, multiplier des foyers de compétition multiples et mondialisés.
Objectif actuel : r
écupérer des marges de manœuvre au sein de ce mécanisme anonymiste.

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Écologie et démocratie : Pour une politique de la nature
par Bruno Latour
Les conférences d’AGORA
Extraits d’après notes prises par Huguette Déchamp et Serge Tziboulsky

« (…) nous appliquons à ces objets [i.e. non-humains] une version pédagogique de la certitude savante.
Par exemple Nicolas Hulot, pour mobiliser les énergies politiques sur les questions écologiques, utilise le répertoire rationaliste le plus rassis : « regardons les faits tels qu’ils sont », « nous savons », « la raison exige », « ceux qui discutent sont des obscurantistes ».
Ce faisant il dépolitise les questions écologiques. En effet dire « sur les faits nous sommes d’accord ; nous ne sommes divisés que par nos préjugés ; soyons donc rationnels et nous serons tous d’accord », c’est défendre une position proprement réactionnaire8, puisque l’accord est déjà fait ! Il n’est pas vrai (d’ailleurs, l’a-t-il jamais été ?) que « la raison nous unit et [que ce sont seulement] les passions [qui] nous désunissent ». On utilise la référence à la nature pour dépolitiser une question. Ted Nordhaus et Michaël Schellenberger nous proposent l’expérience de pensée suivante : mettons en regard un discours de Churchill sur la reconstruction de l’Europe prononcé pendant la guerre froide et un discours de Blair sur le changement climatique, suite au rapport Stern. Le discours de Churchill est « churchillien », mobilisateur d’énergies ; celui de Blair est purement informatif et ne nous « écologise » pas. Inversons les deux types de discours : si Churchill avait parlé comme Blair, nous n’aurions rien fait et nous serions toujours dans une Europe en ruine ; si Blair avait parlé comme Churchill, nous aurions l’énergie nécessaire pour agir. »

 « (…) L’urgence peut être mauvaise conseillère. Les campagnes des écologistes peuvent avoir des effets contraires, décourageants. A l’époque de Churchill la menace était grave, mais classique et Churchill a trouvé la formule pour transformer une urgence démobilisatrice en volonté d’y faire face. Jared Diamond pense même qu’on pourrait avoir des guerres écologiques. La situation climatique est sans doute au même niveau d’intensité dramatique que la Guerre froide. Churchill refusa de parler en termes de décroître ou d’être effrayés, mais produisit par le discours politique une volonté politique. Le 18 juin 1940 de Gaulle dit : « Nous avons perdu une bataille, mais nous n’avons pas perdu la guerre. ». S’il avait dit : « Nous avons perdu la bataille et nous allons sûrement perdre la guerre [au nom de la vérité historique c’était, en effet, probable], alors nous l’aurions sûrement perdue…Donc l’énergie ajustée à la question écologique, c’est cela l’intéressant. Le discours de Churchill n’était pas un discours pédagogique à la Hulot (« les faits sont établis ; il n’y a plus qu’à agir. ») : celui-ci ne produit pas de la volonté, ni du monde commun, mais de l’acceptation et de l’inaction. La notion d’évidence naturelle a quelque chose de délétère, de contreproductif : ce n’est pas parce que c’est naturel, vrai, exact que cela produit de la politique. Être terrorisé, ce n’est pas non plus une position politique. L’intensité de la menace peut être complètement démobilisatrice ; d’où le danger des discours apocalyptiques concernant l’écologie. D’où l’exhortation de Nordhaus : gardons les énergies grâce auxquelles nous avons créé ce monde artificiel ; c’est très bien de vivre dans un monde artificiel. Mais il faut maintenant pouvoir prolonger cet artifice plus loin. L’écologie politique s’est construite, un peu comme le marxisme, sur l’idée que nous avons la science (la science de l’histoire et la science économique, pour le marxisme ; la science écologique pour l’écologie politique). Mais cela dépolitise la question. »

« (…)  La politique a toujours été la politique des choses.
Saint-Simon parlait déjà au 19ème siècle du « gouvernement (ou de l’administration) des choses ». La politique grecque a toujours été cosmopolitique (pour reprendre l’expression d’Isabelle Stengers). Ce n’est donc pas cela qui est nouveau. A Sienne on peut admirer les magnifiques fresques d’Ambrogio Lorenzetti sur Le Bon et le Mauvais gouvernement … elles datent du début de la Renaissance, époque où les hommes avaient leur prolongement dans un cosmos et où la pensée était englobante, où les choses et les hommes étaient en résonance, en correspondance. Pour faire une nouvelle politique et repenser les choses, ne faut-il pas aussi repenser les mots et notre perception ? Par conséquent quelque chose de l’ordre d’un jugement désintéressé ne pourrait-il pas entrer en politique ? »

« Plutôt que de prôner la décroissance, il faut, au contraire, se développer et inventer en « modernisant la modernisation », selon la formule d’Ulrich Beck (auteur de La Société du risque). Beck, dans Reflexive Modernization, montre que la modernité ne devient réflexive que maintenant. La grande question de l’écologie politique est : pouvons-nous faire entrer les sujets de débat – qui ne seront jamais stabilisés – dans des institutions politiques faites pour les accueillir ? Peut-on construire les institutions qui prennent les anciens objets « naturels » et faire de la politique avec ces êtres bizarres : les objets naturels avec leurs humains associés ?
Peter Sloterdijk remarque qu’avant les crises écologiques, on ne savait pas vraiment que la Terre était ronde, alors qu’aujourd’hui, on le sent, parce que les conséquences de nos actions nous retombent dessus. Par exemple les oiseaux sauvages de l’Arctique et de l’Antarctique assimilent les résistances aux antibiotiques des animaux domestiques : ils sont entièrement mondialisés ! »

« Conclusion : repolitiser l’écologie.
Résumons :
- nous nous habituons aux objets controversés et détaillés ;
- nous avons l’inventivité nécessaire pour créer les assemblées représentatives
correspondant à ces objets ;
- mais faire de la politique avec ça, c’est plus délicat.
Notre habitude de faire de la politique en France consiste à dire : « soyons rationnels et
nous allons nous entendre. » Or nous ne nous entendons pas, au sens où l’entente, c’est la construction d’un monde commun. L’écologie politique officielle dépolitise la question de l’écologie : il faut la repolitiser, c’est-à-dire produire les énergies capables de construire le monde commun. La politique est donc redevenue intéressante. Nous sommes aujourd’hui dans la seule époque d’invention politique depuis le 18ème siècle, où la grande question était celle de la représentation des humains. Après le 18ème siècle les controverses en philosophie politique n’ont porté que sur des questions mineures, du genre : sur quelle science fonder la philosophie politique (l’histoire ? l’économie ?…). Aujourd’hui il s’agit d’inventer la représentation politique des humains avec leurs non humains associés. »

image0022 dans Bateson

Labyrinthe, émergence et récit

http://www.dailymotion.com/video/5KGzqI4tr05o6p5WQ

Source audio :  Edgar Morin - Boris Cyrulnik - Entretiens France Culture

http://www.dailymotion.com/video/7pfE685ZOMxpgp7R8

Source audio :  Edgar Morin - Boris Cyrulnik - Entretiens France Culture

http://www.dailymotion.com/video/24z9UA5G9TIc2pc9s

Récit / travail de l’histoire, archéologie des codes et des mondes perdus – Kustu

Sur le web :
+ Regard sur l’éclairage et la réflexivité cinématographique : “Shining” de Kubrick par Felix Guattari (1 et 2).

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D’une écologie de l’esprit à la biodiversité

D'une écologie de l'esprit à la biodiversité dans Bateson batesonletteronly 

Pour Grégory Bateson, le mental n’est qu’une fonction d’une complexité relationnelle. Une propriété qui émerge de tout système complexe d’interactions et qui ne dépend pas de qualités spécifiques qu’auraient les parties prises séparément. « L’esprit, [système mental], est une fonction nécessaire, inévitable, de la complexité approprié, partout où cette complexité apparaît. Une forêt ou un récif de coraux, avec leurs agrégats d’organismes s’entremêlant dans des relations réciproques, possèdent cette structure générale nécessaire. » Vers une écologie de l’esprit, tome2

L’esprit est un « réseau cybernétique intégré » de propositions, d’images, de processus etc. etc…, réseau lui-même connecté à l’ensemble plus vaste qu’est l’environnement, de sorte que: « l’unité autocorrective qui transmet l’information ou qui, comme on dit, pense,  agit et  décide, est un système dont les limites ne coïncident ni avec celles du corps, ni avec celles de ce qu’on appelle communément soi ou conscience » Vers une écologie de l’esprit, tome1

Une telle proposition bouscule le choix de nos unités d’analyse traditionnelles, commande une nouvelle épistémologie appelant à une profonde correction de nos habitudes de pensée. D’une pensée analytique qui nous avait permis la fabrication d’objets de laboratoires performants, vers une pensée systémique nous permettant de les relier entre eux.

« Darwin en parfait accord avec le climat culturel de l’Angleterre du milieu du XIXe siècle, a proposé une théorie de la sélection naturelle et de l’évolution, selon laquelle l’unité de survie est la lignée ou les espèces et les sous-espèces. Mais de nos jours, il est devenu évident que cette conception de l’unité de survie méconnaît le monde biologique réel. L’unité de survie réelle est l’organisme plus l’environnement [...] Autrefois c’est élaboré une hiérarchie de taxa, individu, ligné, sous-espèce, espèce…. en tant qu’unité de survie. A présent nous envisageons une autre hiérarchie d’unité : gènes dans l’organisme, organisme dans l’environnement, écosystème… Ainsi l’écologie au sens le plus large du terme devient l’étude de l’interaction et de la survie des idées et des programmes, (qui sont des différences, des ensembles de différences…) dans des circuits. » Vers une écologie de l’esprit, tome2

Une fois dit que l’unité de survie évolutive s’avère identique à l’unité de l’esprit, l’organisme qui détruit son environnement ne peut donc que se détruire lui-même. La crise écologique actuelle serait donc le symptôme de ce que cette erreur épistémologique – produit d’une séparation erronée  de l’esprit d’avec la structure à laquelle il est immanent – détermine encore en profondeur une grande partie de nos habitudes de pensées : « il ya une écologie des mauvaises idées, tout comme il y a une écologie des mauvaises herbes, le propre du système étant que l’erreur se propage d’elle-même. » Vers une écologie de l’esprit, tome2

http://www.dailymotion.com/video/x3kcoi Emergence et éco-auto-organisation chez Edgar Morin

Bateson retrace brièvement les étapes de la relation de l’homme à la nature jusqu’à l’arrivée du système des Dieux. C’est-à-dire le moment où s’opère la séparation de « l’esprit de la structure à laquelle il est immanent (relations humaines, sociétés humaines, écosystèmes) » Vers une écologie de l’esprit, tome2

« D’un point de vue anthropologique, [...] ils emble que l’homme ait d’abord tiré un certain nombre d’indication du monde du monde naturel qui l’entourait, et qu’il les ait appliqué d’une façon en quelque sorte métaphorique à la société où il vivait. Il s’est donc tout d’abord identifier par empathie avec le monde naturel autour de lui, et a pris cette empathie pour règle de sa propre organisation sociale et de ces théories sur sa propre psychologie. C’est ce processus que l’on a appelé « totémisme ». [...] Il est très vraisemblable que l’étape suivante ait consisté pour l’homme à inverser le processus précédent et à tirer des indications de lui-même pour les appliquer au monde naturel environnant. C’est ce que l’on a appelé l’animisme, qui étendait la notion d’esprit ou de personnalité aux montagnes, aux fleuves, aux forêts [...] la troisième étape a accompli la séparation de la notion d’esprit avec le monde naturel, ce qui conduisit directement à la notion de Dieux. » Vers une écologie de l’esprit, tome2

Nous sommes donc les produits comme les producteurs de cette erreur épistémologique qui « [...] l’erreur épistémologique ne fait pas problème, elle va bien jusqu’au moment où l’on s’aperçoit que l’on crée, autour de soi, un monde où cette erreur est devenue immanente à des changements monstrueux de cet univers que l’on a créé, et dans lequel on essaie maintenant de vivre. » Vers une écologie de l’esprit, tome2

La question est donc de savoir comment des malades dont la pollution mentale s’inscrirait jusque dans les plus petits détails ou racines de leurs comportements, comment ceux-ci peuvent-ils devenir, ou même vouloir devenir leur propre médecin. Sans doute qu’une première étape consisterait à ce reconnaître comme malade. Or aujourd’hui, c’est bien souvent l’autre qui est malade, quand ce n’est pas même la terre entière. Sur ce dernier point la question est bien de savoir si oui, et comment, nous nous situons dans cet ensemble terre.

Le concept de biodiversité, entendu comme le tissu ou maillage vivant de la planète, semble pouvoir décrire ce mouvement vers cette écologie de l’esprit de Bateson. Si ce tissu est malade, je ne peut être que malade. Alors nous reconnaissons que « le système écomental appelé lac Erié est une partie de votre sytème écomental plus vaste, et que, si ce lac devient malade, sa maladie sera inoculée au système plus vaste de votre pensée et de votre expérience » Vers une écologie de l’esprit, tome2 

Ce que dit peut-être autrement Edgar Morin à travers son concept d’auto-éco-organisation, concept selon lequel tout être vivant porte en lui la structure de son milieu. Le monde extérieur est à l’intérieur de nous dans un dialogue permanent, une pensée qui nous revoie également aux travaux d’Uexküll sur les mondes animaux, comme à l’hologrammie. Mais au delà des mots de chacun, le commun de ces approches réside dans la recherche d’une correction épistémologique face à la crise écologique, où comme le dirait Spinoza, une réforme de l’entendement à l’usage d’un savoir vivre.

La biodiversité, une notion certes floue mais dont l’emergence semble significative de la correction épistémologique qui s’affirme face à la crise écologique. Une interview du professeur Robert Barbault, directeur au MHN du département Ecologie et Gestion de la Biodiversité, tente quant à lui de différencier le concept biologique de diversité du vivant afin de mieux éclairer le concept éthique de biodiversité. Extraits :

« Il n’y a pas de crise écologique, ou de catastrophe écologique qui ne soit pas en même temps une catastrophe sociale et économique. Là aussi c’est une question de diversité et ce n’est pas un hasard si le mot biodiversité a un écho dans les populations même sans savoir de quoi il s’agit, et je pense que le mot important c’est diversité. Ce n’est pas quantité des espèces, c’est diversité, c’est singularité. Cela renvoie à l’inquiétude qu’on peut avoir avec la mondialisation, l’uniformisation des cultures. Je pense que c’est cette espèce d’écho dans l’inconscient des citoyens qui fait qu’avec le mot biodiversité, on pense à la diversité des fromages, à l’Europe qui va interdire tel fromage car il n’est pas produit selon les règles conformes, le modèle ou standard. »

« L’aboutissement de tout cela c’est que parler de biodiversité c’est parler de l’Homme, des sociétés humaines et de leur futur. Pas seulement parler de la nature comme si ça ne nous concernait pas. C’est pour cela que je fais la différence entre diversité du vivant et biodiversité, parce que ma pratique de la biodiversité et de ceux qui s’y intéressent m’a amené à voir tous ces aspects la. Cela déborde de la seule connaissance de la diversité de la nature. Cela nous renvoie à des questionnements sur notre propre espèce et son rôle dans le monde, ses origines, ses racines. »

http://www.dailymotion.com/video/x4vkhe Echos de la diversité de Canetti à la Biodiversité de Barbault

« [...] la aussi le mot clef c’est la diversité : il faut une diversité d’approches et de stratégies pour conserver la diversité du vivant et son potentiel d’évolution à long terme. Toute une série d’éléments sont possibles dans cette stratégie comme les parcs naturels régionaux, les parcs nationaux, la gestion de la diversité dans les villes, y compris les zoos qui peuvent être des lieux de restauration de certaines espèces avec des plans de réintroduction (qui supposent un investissement dans les pays d’origine avec des relations avec les sociétés). C’est extrêmement riche, et c’est très intéressant car cela renouvelle les relations que l’Homme peut avoir avec la nature, et à la faveur des relations entre l’Homme et la nature c’est la relation des hommes entre eux par rapport à la nature, c’est-à-dire des relations des différentes sociétés humaines par rapports à la nature. Moi c’est l’intérêt que j’ai trouvé aux discussions sur la biodiversité au sens Rio de Janeiro. Donc on sort de la biologie et on s’intéresse aux approches anthropologiques, économiques… »

La relation des hommes entre eux par rapport à la nature, cette phrase semble faire écho à une note précédente qui concernait l’apport de Spinoza pour  les sciences sociales, et plus particulièrement à l’Ethique en tant que méthode pour la réforme de l’entendement ou correction de l’erreur épistémologique.

Ethique IV, proposition XL: Tout ce qui tend à réunir les hommes en société, en d’autres termes, tout ce qui les fait vivre dans la concorde, est utile, et au contraire, tout ce qui introduit la discorde dans la cité est mauvais.Ethique IV, proposition LXXIII: L’homme qui se dirige d’après la raison est plus libre dans la cité où il vit sous la loi commune, que dans la solitude où il n’obéit qu’à lui-même 

L’Ethique de Spinoza en tant que chemin vers l’amour intellectuel de Dieu ou de la Nature (3ème genre de connaissance), c’est à dire l’amour de Dieu pour lui-même, c’est-à-dire de l’humanité pour elle-même.

Ethique V, proposition XXXVI: L’amour intellectuel de l’âme pour Dieu est l’amour même que Dieu éprouve pour soi, non pas en tant qu’infini, mais en tant que sa nature peut s’exprimer par l’essence de l’âme humaine considérée sous le caractère de l’éternité, en d’autres termes, l’amour intellectuel de l’âme pour Dieu est une partie de l’amour infini que Dieu a pour soi-même.

Un chemin individuel que les hommes entretiennent entre eux.

Ethique V, proposition XV: Celui qui comprend ses passions et soi-même clairement et distinctement aime Dieu, et il aime d’autant plus qu’il comprend ses passions et soi même d’une façon plus claire et plus distincte.

Ethique V, proposition XX: Cet amour de Dieu ne peut être souillé par aucun sentiment d’envie ni de jalousie, et il est entretenu en nous avec d’autant plus de force que nous nous représentons un plus grand nombre d’hommes comme unis avec Dieu de ce même lien d’amour.

http://www.dailymotion.com/video/x31hn7 L’Ethique selon Robert Misrahi

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La question de la biodiversité nous renvoie de facto sur la question des rapports entre les hommes et les animaux, notamment sur les travaux d’Élisabeth de Fontenay.

+ La « cause animale »: Élisabeth de Fontenay poursuit sa réflexion sur le statut des bêtes, si proches de nous et pourtant à nous si soumises. En philosophe engagée, elle se penche sur le statut des animaux, déconstruisant (…) Note de lecture par Eric Baratay, site de la vie des idées, l’ouvrage d’Élisabeth de Fontenay, Sans offenser le genre humain. Réflexions sur la cause animale, Paris, Albin Michel, 2008, 215 p.

+ Humanisme et barbarie: Répliques, émission du samedi 29 mars 2008 avec Elisabeth de Fontenay, Philosophe, professeur à l’université de Paris-Sorbonne I.

http://www.dailymotion.com/video/x3k70s Boris Cyrulnik, sur la double naissance de l’homme

Le principe d’attention appliqué à l’écologie: l’appel aux sciences sociales

       Dans un article du Monde intitulé « Sous l’effet du réchauffement, les sols rejettent du carbone« , Stéphane Foucart en date du 08.09.05, un petit encadré avait retenu mon attention: « Le péril du reboisement de la toundra« .

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« Sous l’effet du réchauffement, la couverture végétale des régions arctiques du Canada, de l’Alaska et de la Russie augmente continûment. Comme l’ont montré plusieurs études, ce processus implique, via la synthèse de nouvelle biomasse, un important stockage de carbone. Des travaux publiés, jeudi 7 septembre, dans le Journal of Geophysical Research explorent un autre aspect de ces bouleversements. Selon cette étude, la croissance accélérée des arbustes de la toundra modifie l’enneigement hivernal de ces vastes zones. En retour, l’indice de réflexivité (ou albédo) de ces régions change : elles réfléchissent moins la lumière du Soleil et absorbent plus d’énergie. De quoi bouleverser un fragile équilibre énergétique, expliquent les auteurs de l’étude, et favoriser, plus encore, la pousse des végétaux.

L’excès d’énergie absorbée par la toundra au cours de l’hiver est également susceptible de libérer une part du carbone stocké dans les sols. Enfin, l’enneigement réduit de ces régions pourrait contribuer à modifier l’albédo moyen de la Terre et contribuer directement à son réchauffement.« 

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Le monde n’est pas transparent…

Cas d’école démontrant assez bien le peu de conscience que nous avons des multiples interractions et rétroactions à l’oeuvre entre et dans les différents systèmes et machineries naturels qui composent la biosphère. Il n’existe ainsi aucune « bonne » solution à l’avance. Planter des arbre pour séquestrer le carbone est ici une réponse, là-bas une intérrogation. Or voilà sans doute l’un des volets du principe de précaution bien souvent négligé dans les discours: le principe de contingence de toute nos solutions de tête, l’extrême prudence qu’il convient d’avoir en la matière avec toute position morale préconstituée, et par la même globalisante. Et finalement, on en revient toujours à la même question: quel segment du droit aura notre préférence dans la pratique, le texte de loi ou la jurisprudence?  

Le principe d'attention appliqué à l'écologie: l'appel aux sciences sociales dans -> CAPTURE de CODES : p1011principedeprecaution

S’il n’y rien de bien nouveau dans tout ça, n’en demeure pas moins l’occasion d’illustrer quelque peu la pensée d’un chercheur tel que Gregory Bateson. Pour ce dernier, l’ensemble de l’esprit est un « réseau cybernétique intégré » de propositions, d’images, de processus etc. etc…., la conscience, seulement un échantillon des différentes parties et régions de ce réseau. Ainsi, « si l’on coupe la conscience, ce qui apparaît ce sont des arcs de circuits, non des pas des circuits complet, ni des circuits de circuits encore plus vaste. »

De ce point de vue, on aura compris que notre conscience n’est qu’une petite partie du réel systématiquement sélectionnée et aboutissant à une image toujours déformée de l’ensemble plus vaste qu’est l’esprit. Esprit lui-même connecté à l’ensemble plus vaste qu’est l’environnement, de sorte que: « l’unité autocorrective qui transmet l’information ou qui, comme on dit, pense,  agit et  décide, est un système dont les limites ne coïncident ni avec celles du corps, ni avec celles de ce qu’on appelle communément soi ou conscience ». 

Pour mieux saisir la chose, Bateson nous donne à voir l’exemple de l’iceberg. Si à partir de la surface visible de celui-ci nous pouvons deviner ou extrapoler le type de matière qui se trouve immergée, il n’en est pas du tout de même à partir du matériel livré par la conscience : « le système de la pensée consciente véhicule des informations sur la nature de l’homme et de son environnement. Ces informations sont déformées ou sélectionnées et nous ignorons la façon dont se produisent ces transformations. Comme ce système est couplé avec le système mental coévolutif plus vaste, il peut se produire un fâcheux déséquilibre entre les deux».

Ainsi une pure rationalité projective « non assistée » est nécessairement pathogénique et destructrice de la vie, pour la raison que : « la vie dépend de circuits de contingences entrelacés, alors que la conscience ne peut mettre en évidence que tels petits arcs de tels circuits que l’engrenage des buts humains peut manœuvrer. » Pour nos actions quotidiennes, les conséquences sont nombreuses. Elles ont toutes ceci de commun que : « les erreurs se reproduisent à chaque fois que la chaîne causales altérée (par la réalisation d’un but conscient) est une partie de la structure de circuit, vaste ou petit, d’un système. »

http://www.dailymotion.com/video/x2c131

Extrait audio d’après Gregory Bateson

Dès lors pour l’homme, la surprise ne peut alors être que continue vis-à-vis des effets de  ses « stratégies de tête », et cela quelque soit la nature de ses intentions. Bateson prend l’exemple d’un territoire infesté de moustiques que nous souhaiterions asssainir afin d’y développer le tourisme ou l’agriculture, soit générer des revenus pour le monde rural, maintenir les populations sur le territoire tout en protégeant l’environnement des diverses formes de surexploitation possibles.

Nous utilisons alors un produit insecticide pour réduire la population de moustique. Se faisant, nous privons ainsi certains insectivores (les oiseaux par exemple) de leur nourriture, ce qui en retour à pour effet de multiplier d’autres populations d’insectes. Nous en sommes donc conduit à utiliser une plus grande quantité d’insecticide afin de neutraliser ces dernières, cela jusqu’à la possibilité d’empoisonner y compris les insectivores : « ainsi, si l’utilisation de DDT en venait à tuer les chiens par exemple, il y aurait dès lors lieu d’augmenter le nombre de policier pour faire faire face à la recrudescence des cambriolages. En réponse ces même cambrioleurs s’armeraient mieux et deviendraient plus malin…etc. etc…. ». 

Si l’on souhaitait réactualiser cet exemple, imaginons juste que pour répondre aux mêmes objectifs de développement, nous produisions maintenant des moustiques équipés d’un gène qui les protège contre le paludisme, maladie transmissible dont ils sont l’un des vecteurs. Quid des effets d’une éventuelle propagation du gène aux autres insectes et à leurs prédateurs ? Quid des conséquences éventuelles de la prolifération de moustiques mutants sur les différentes niches écologiques des écosystèmes locaux? Et ainsi de suite… du DDT à l’OGM, cinquante ans, mais peu ou prou, subsiste toujours les même interrogations. Quelle question nous manque-t-il pour se sortir de là?

scarabesurbrindherbe2 dans Bateson

 Besoins institutionnels…

Sans doute que nos connaissances des sciences dures, de la chimie et de toute mesure, sans doute que celles-ci doivent être complétées et accompagnées par de nouvelles formes d’organisations et pratiques sociales.

C’est à dire par tout un ensemble de nouveaux briquetages ou processus de gouvernance à même de renforcer la capacité d’expérimentation de chacun sur ses différents branchements possibles (aménager, protéger, construire, réguler…)  avec l’environnement. Que ce dernier soit naturel ou pas, là n’est d’ailleurs pas la question. Individuellement et collectivement, comment devenir capable d’extraire et formaliser des expériences qui fassent sens?  Un sens concurrent et complémentaire aux valeurs strictement quantitatives de la mesure.

Il est certain que cela nous engage à un principe d’attention vieux comme le monde, l’homme incertain, animal aux aguets soudain réactualisé de force par la crise écologique rampante. Des différentes techniques ou parcours individuels qui en découlent, du souci de soi au souci de la Terre, tous se devraient d’être accompagnés des processus de gouvernance à même de les soutenir.

http://www.dailymotion.com/video/x3f9b5

Extrait audio d’après Isabelle Stengers

Centraliser pour dispatcher, irriguer le corps social des différentes exépériences singulières, individuelles et collectives. Les gares de triage, les filets du panier percé de nos expériences multiples. La résistance contre la pollution née de la surinformation et de la désinformation, la passivité des récepteurs.

Pour que l’écologie tienne ensemble, de la chimie à la pratique, il devient nécessaire de combiner les approches et savoirs de manière dynamique : « [...] toute appréhension d’un problème environnemental postule le développement d’univers de valeurs et donc d’un engagement éthico-politique. Elle appelle aussi l’incarnation d’un système de modélisation, pour soutenir ces univers de valeurs, c’est-à-dire les pratiques sociales, de terrain, des pratiques analytiques quand il s’agit de production de subjectivité. » Félix Guattari « Qu’est-ce que l’écosophie ? »

http://www.dailymotion.com/video/x48fxs

Extrait audio d’après Felix Guattari

Produire de l’autonomie…

L’un des principaux dangers de la discipline hétérogène qu’on appelle écologie, de son versant scientifique au politique, c’est bien de vouloir se constituer en tant que discipline autonome à vocation transcendante. Là réside peut-être son principe d’attention tel qu’appliqué à elle-même: résister à la tentation isolationniste. Car à mesure que celle-ci se constitue et englobe des savoirs et compétences de plus en plus précis et multiples, l’écologie tend à oublier de faire appel aux autres disciplines. Sous le pretexte d’urgence, et principalement vis à vis des sciences sociales. Alors philosophe, anthropologue, sociologue, psychanalyste, linguiste, sémiologue, géographe, historien and so on… au secours, ne nous laisser pas dériver tout seul!

La question de l’homme dans l’écologie, telle que négligée aujourd’hui, appelle à de nouveaux branchements, de nouvelles passerelles transverses entre l’écologie et les différents points de vue et objets d’étude des autres disciplines. Faute de quoi, nous prendrons inévitablement ce nouvel édifice sur la tête…

http://www.dailymotion.com/video/x3kcoi

Extrait audio d’après Edgar Morin

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Extrait de la production de soi, article de Jean Zin 31/07/01 sur Michel Foucault: [...] L’erreur ne vient pas de l’autre, le savoir n’est pas donné, le monde n’est pas transparent. Il faut reconnaître ses erreurs, notre ignorance, la fragilité de notre identité, notre inhabileté fatale. Le principe de précaution est le principe d’une liberté sans certitude, principe d’insuffisance de l’individu et du savoir comme produit de son temps et sans que cela empêche le sujet de se rebeller contre le monde qui l’a créé. Cette liberté n’est possible qu’avec le support des institutions (des discours), une sécurité sociale et la puissance du pouvoir politique sans lequel nous courrons à la catastrophe. Il nous faut un pouvoir collectif qui ne soit pas autonome mais réfléchi et produise de l’autonomie. Telle est la question qu’il nous faut résoudre, devant la précarité du mode de subjectivation moderne : produire les conditions de la liberté. « La liberté est la condition ontologique de l’éthique mais l’éthique est la forme réfléchie que prend la liberté« . 

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spino dans Edgar Morin

Variations sur la mort de l’homme

     Variations sur la mort de l'homme dans Bateson image033

     Il n’est pas question d’interroger ici l’opinion selon laquelle homme serait mort ou pas. Tout juste dira-t-on que chaque individu accède à différents modes d’existence selon les idées et les affects dont il est capable. 

Qu’on soit alors:

- dans la figure de l’homme générique: « [...] l’homme est un animal doué de raison. » Aristote

- dans la figure de l’homme dans la nature entre rien et tout, mais accompagnée du pari de l’existence de Dieu: « [...] qu’est-ce que l’homme dans la nature ? Un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant, un milieu entre rien et tout. » Pascal 

- dans la figure de l’homme comme transition ou devenir sans Dieu de Nietzsche:  » [...] Dieu est mort ! Dieu reste mort ! Et c’est nous qui l’avons tué ! Comment nous consolerons-nous, nous, meurtriers entre les meurtriers ! [...] Il n’y a jamais eu d’action plus grandiose, et, quels qu’ils soient, ceux qui pourraient naître après nous appartiendront, à cause d’elle, à une histoire plus haute, que jusqu’ici, ne fut aucune histoire ! » Nietzsche, Le Gai Savoir

- and so on…

l‘idée, (la représentation) de l’homme qu’on a, celle-ci implique nécessairement et en conséquence un certain type d’existence, d’actions possibles.

homme dans Deleuze

De Nietzsche à Foucault court et s’actualise le thème de la mort de l’homme, tout du moins d’une certaine idée de l’homme. Ce qui nous intérresse pour notre compte, une fois dit qu’on serait donc capable de penser et de ressentir une telle chose, ce sont donc ses conséquences sur nos pratiques écologiques. 

Cette idée, ce thème, est-il en mesure de nous éclairer sur les modalités et conditions d’émergence de la pensée écologique ? Dit autrement, peut-on faire l’économie de la mort de l’homme tout en prétendant faire de l’écologie ? Si oui laquelle ? Vastes questions, esquisses de fragments autour d’un homme enfermé dans une période et une géographie de son histoire.

bridgeye dans Edgar Morin 

Nietzsche: le surhomme sur les ruines de l’homme

Dans son abécédaire, Deleuze nous rappelait au sujet de Nietzsche: « Dieu est mort, Nietzsche s’en fout complètement, mais c’est que si Dieu est mort, alors il n’y a pas de raison que l’homme ne le soit pas aussi. » 

http://www.dailymotion.com/video/x47a5j

« L’homme est une corde tendue entre la bête et le surhumain – une corde au-dessus d’un abîme. »  (Ainsi parlait Zarathoustra)

http://www.dailymotion.com/video/x47cou

« Je vais vous dire trois métamorphoses de l’esprit: comment l’esprit devient chameau, comment le chameau devient lion, et comment enfin le lion devient enfant. » (Ainsi parlait Zarathoustra)

Foucault: l’homme est une invention récente

Toujours Deleuze commentateur, trait d’union entre Nietzsche et Foucault dans Pourparlers : « […] c’est que les forces de l’homme ne suffisent pas à elles seules à constituer une forme dominante où l’homme peut se loger. II faut que les forces de l’homme (avoir un entendement, une volonté, une imagination, etc.) se combinent avec d’autres forces […] La forme qui en découlera ne sera donc pas nécessairement une forme humaine, ce pourra être une forme animale dont l’homme sera seulement un avatar, une forme divine dont il sera le reflet, la forme d’un Dieu unique dont l’homme ne sera que la limitation (ainsi, au XVIIe siècle, l’entendement humain comme limitation d’un entendement infini) […]

C’est dire qu’une forme-Homme n’apparaît que dans des conditions très spéciales et précaires : c’est ce que Foucault analyse, dans les mots et les choses, comme l’aventure du XIXe siècle, en fonction des nouvelles forces avec lesquelles celles de l’homme se combinent alors. Or tout le monde dit qu’aujourd’hui l’homme entre en rapport avec d’autres forces encore (le cosmos dans l’espace, les particules dans la matière, le silicium dans la machine…) : une nouvelle forme en naît, qui n’est déjà plus celle de l’homme […] »

http://www.dailymotion.com/video/x48i0r “Les mots et les choses”, extrait : « Une chose en tout cas est certaine : c’est que l’homme n’est pas le plus vieux problème ni le plus constant qui se soit posé au savoir humain. En prenant une chronologie relativement courte et un découpage géographique restreint, la culture européenne depuis le XVIe siècle, on peut être sûr que l’homme y est une invention récente.

Ce n’est pas autour de lui et de ses secrets que, longtemps, obscurément, le savoir a rôdé. En fait, parmi toutes les mutations qui ont affecté le savoir des choses et de leur ordre, le savoir des identités, des différences, des caractères, des équivalences, des mots, – bref au milieu de tous les épisodes de cette profonde histoire du Même – un seul, celui qui a commencé il y a un siècle et demi et qui peut-être est en train de se clore, a laissé apparaître la figure de l’homme. Et ce n’était point là libération d’une vieille inquiétude, passage à la conscience lumineuse d’un souci millénaire, accès à l’objectivité de ce qui longtemps était resté pris dans des croyances ou dans des philosophies : c’était l’effet d’un changement dans les dispositions fondamentales du savoir. L’homme est une invention dont l’archéologie de notre pensée montre aisément la date récente. Et peut-être la fin prochaine.

Si ces dispositions venaient à disparaître comme elles sont apparues, si par quelque événement dont nous pouvons tout au plus pressentir la possibilité, mais dont nous ne connaissons pour l’instant encore ni la forme ni la promesse, elles basculaient, comme le fit au tournant du XVIIIe siècle le sol de la pensée classique, alors on peut bien parier que l’homme s’effacerait, comme à la limite de la mer un visage de sable. »

L’écologie et la mort de l’homme ? 

Quelle place, ou quel rôle pour l’écologie sur les ruines de l’homme ? Précisément l’un de ces grands systèmes ou grandes options politiques tels que décrits par Foucault, et dont l’émergence même proviendrait des débris d’une certaine idée de l’homme ? Une sorte de pont ou de réseau à tisser entre ce qui était autrefois les sciences dures et les sciences humaines ? A vrai dire, de quelle libertés nouvelles dispose-t-on une fois dissipée cette invention de l’homme objet d’étude empire dans un empire ?

sanstitre1 dans Felix Guattari

Qu’observe-t-on aujourd’hui dans les pratiques écologiques dominantes au sens large ? Une écologie qui à l’un de ses extrêmes grand public arrive à sauver l’homme quand sa figure résiduelle vient trouver un refuge anthropomorphe jusque chez des pingouins (sic!)… et qui par un autre de ses côtés ne cesse de produire une anthropologie négative énoncée sous l’angle d’une proposition type: l’homme est naturellement mauvais pour la nature, disparaîtra, bon débarras ! Version nihilisme de la mort de l’homme. Fin de l’histoire, on s’arrête là, de l’homme est un loup pour l’homme, à l’homme est un loup pour la nature (la création).

Ce type de proposition excluante ne peut déboucher que sur une plainte, passion triste impuissantante de type:  »je ne peux finalement aimer que là où je ne suis pas« . Appel à l’exclusion de soi-même en tant que je ne change pas, ou plutôt ne sais changer sans y associer l’idée d’une repression de ce que je vis comme mes petits désirs personnels de pollution.

« Je vous enseigne le surhumain. L’homme n’existe que pour être dépassé. Qu’avez-vous fait pour le dépasser ? »  (Ainsi parlait Zarathoustra) Question, car que faisons-nous en l’occurence pour dépasser cet homme dualiste et pollueur ? Nous continuons vraisemblablement de le garder intact, urgence oblige, en lui assignant toujours plus de buts et de directions préconstitués.

sanstitre2 dans Foucault

Au final tout cela se tient, et il est assez logique que la figure de l’homme idéal – opposée directement à celle de l’homme pollueur en tant que propre au sens de la lessive – il est logique que celle-ci soit à présent déplacée (comme la graisse par le savon) dans l’arrière monde blanc des pingouins empereurs, dernier refuge du bonheur humain.

Ce type de discours écologique confus qui domine les interrogations publiques ne prend pas acte de la mort de l’homme au sens de Nietzsche et de Foucault. Bien qu’ayant certaines apparences de l’anti-humaniste, celui-ci ne vise qu’à sauvegarder dans un ailleurs une même idée de l’homme sous sa version propre, pollution nocturne chrétienne en moins. Continuant ainsi à bouger indéfiniment les mêmes barrières, tous les jours nous continuons de nous entendre préscrire la construction de villes et de choses toujours plus humaines. Il faut éradiquer les infidèles, les nonbon d’humains, sorciers, et tous ceux là, à présent réactualisés par un péché originel migrant de la pomme vers la sécrétion de CO2.

Quelle type de nature présuppose implicitement ce genre de discours ? Car quand bien même l’idée de Nature remplacerait celle de Dieu dans les représentations communes, sa place n’en reste pas moins anthropomorphe et sa nature naturée (crée du dehors). De sorte que de cette nature non productive et machinée du dehors par l’homme pilote, ne peut sortir que des politiques de muséification répressive (d’autres empires dans des empires). 

Conclusion, la nécessaire défiance vis à vis des discours écologistes actuels vient de ce que les sujets qui les constituent sont finalement construits sur la même subjectivité (idée de l’homme incluse) que les individus auxquels ils s’opposent. Bien loin, trop loin d’une pensée qui aurait enfin d’autre chose à faire que de prescrire aux hommes ce qu’ils ont à faire.

On n’en sort pas. Faire l’économie de la mort de l’homme, en un certain sens, c’est donc choisir de traîner indéfiniment hors d’eau ce visage dessiné une fois pour toute sur le sable, boulet chargé de moraline déversant sa confusion sur le terreau de nos possibles.

C’est l’art d’une (pensée) dominante, cette pratique du vide comme économie de marché, organiser le manque (de nature) dans l’abondance de production, faire basculer tout le désir dans la peur de manquer (de l’ours blanc), faire dépendre l’objet (l’écologie) d’une production réelle qu’on suppose extérieure au désir, tandis que la production de désir ne passe que dans le fantasme (du pingouin).

Tentative écosophique ?

Un grand système écologique naturant englobant les réseaux naturels, sociaux, mentaux, un tel ensemble ne peut pas se construire sans la mort d’une certaine idée de l’homme dualiste et objet de laboratoire. Précisément au sens où ses forces ne suffisent pas à elles seules à constituer une forme dominante où il peut se loger. Voir les compléments divers autour de ce thème.

http://www.dailymotion.com/video/x48fxs

Loin de déplacer l’idée de l’homme ici où là, Guattari nous proposait un ensemble de micropolitiques destinées aux individus habitants producteurs de territoires, d’institutions… Ces pratiques sont fondées sur un mode de participation active brique par brique qui replace cet individu au coeur même de la technique. Non pas ce qui resterait de l’homme dehors, la technique à son service. Tirer profit de la mort de l’homme en tant que sujet préconstitué revient ici à se resituer dedans pour se subjectiver à chaque étape des différents processus de production.

http://www.dailymotion.com/video/x49ieh

La mort de l’homme pour l’écologie, c’est la mort de l’homme en tant qu’unité préconstituée, isolée et autonome. Le bourdon fait parti du système reproducteur du trèfle rouge, comme la guêpe mâle de celui l’orchidée. C’est à dire qu’une partie de machine capte dans son propre code un fragment de code d’une autre machine, et se reproduit ainsi grâce à une partie d’une autre machine. On comprend ainsi qu’il est inutile de protéger l’unité orchidée si par ailleurs on élimine les guêpes mâles, et ainsi de suite dans les enchevêtrement et captures.

L’écologie consiste ainsi à découvrir et identifier ces phénomènes de plus-value de code (double capture), à découvrir le périmètre réel des machines qui composent ces systèmes reproducteurs décentralisés; au-delà de l’unité spécifique ou personnelle de l’organisme, au-delà de l’unité structurale d’une machine.

« Chacun de nous est sorti d’animalcules indéfiniment petits dont l’identité était entièrement distincte de la notre ; et qui font partis de notre système reproducteur ; pourquoi ne ferions-nous pas partie de celui des machines ? Ce qui nous trompe c’est que nous considérons toute machine compliquée comme un objet unique. En réalité, c’est une cité ou une société dont chaque membre est procrée directement selon son espèce. Nous voyons une machine comme un tout, nous lui donnons un nom et l’individualisons ; nous regardons nos propres membres et nous pensons que leur combinaison forme un individu qui est sorti d’un unique centre d’action reproductrice. Mais cette conclusion est anti-scientifique, et le simple fait qu’une machine à vapeur n’a été faite par une autre ou par deux autres machines de sa propre espèce ne nous autorise nullement à dire que les machines à vapeur n’ont pas de système reproducteur. En réalité, chaque partie de quelque machine à vapeur que ce soit est procrée par ses procréateurs particuliers et spéciaux, dont la fonction est de procréer cette partie là, et celle-là seule, tandis que la combinaison des partie en un tout forme un autre département du système reproducteur mécanique… » Samuel Butler « le livre des machines » citation extraite de l’Anti-Œdipe par Deleuze (:) Guattari.

Machine / agencement : on ne sait jamais à l’avance ce que peut un corps dans tel ou tel agencement (Spinoza), il n’existe pas de forme préconstituée (Nietzsche), l’homme est une invention (Foucault), on expérimente des branchements où les dualités homme/machine, naturel/artificiel ne font plus sens (Guattari).

Compléments divers

 « [...] Il n’y a pas d’opposition dans mon esprit entre les écologies : politique, environnementale et mentale. Toute appréhension d’un problème environnemental postule le développement d’univers de valeurs et donc d’un engagement éthico-politique. Elle appelle aussi l’incarnation d’un système de modélisation, pour soutenir ces univers de valeurs, c’est-à-dire les pratiques sociales, de terrain, des pratiques analytiques quand il s’agit de production de subjectivité. » D’après entretien avec Félix Guattari « Qu’est-ce que l’écosophie ? » Revue chimère, terminal n°56 http://www.revue-chimeres.org/pdf/termin56.pdf

***

L’homme, sous-système de systèmes, ne compose qu’un arc dans un circuit plus grand qui toujours le comprend lui et son environnement (l’homme et l’ordinateur, l’homme et la canne…). Gregory Bateson, l’un des fondateurs de la cybernétique de seconde génération, nous donne à voir un exemple de circuit, celui de l’aveugle avec sa canne. Il se demande alors « où commence le soi de l’aveugle ? Au bout de la canne ? Ou bien à la poignée ? Ou encore, en quelque point intermédiaire ? » Mais à vrai dire toutes ces questions sont absurdes puisque la canne est tout simplement une voie au long de laquelle sont transmises des informations, de sorte que couper cette voie c’est supprimer une partie du circuit systémique qui détermine la possibilité de locomotion de l’aveugle. Plus généralement : « l’unité autocorrective qui transmet l’information ou qui, comme on dit, pense,  agit et  décide, est un système dont les limites ne coïncident ni avec celles du corps, ni avec celles de ce qu’on appelle communément soi ou conscience ».

***

A la frontière tout est question d’échelle tant les subjectivités racinent dans de multiples expansions, d’agencements en collectivités, de collectivités jusqu’à la biosphère. Raphaël Bessis dans son dialogue avec le botaniste Francis Hallé : « […] il me paraît bien plus adéquat de parler de configuration singulière, plutôt que d’individu, configuration singulière qui ne prend forme qu’en rapport à d’autres configurations singulières, lesquelles ne se comprennent que dans un contexte très fortement dynamique. Ainsi, l’homme n’est plus pensé dans une position isolationniste, archipélique où les êtres seraient complètement distincts les uns des autres : atomisés […]

C’est à ce niveau d’analyse que l’on commence à percevoir les turbulences dans lesquelles séjourne l’âme humaine : l’individu au sens strict n’existe nullement, tant la subjectivité humaine s’ancre dans de multiples expansions, établissant la pluralité de ces racines dans un champ beaucoup plus large : celui de la collectivité, laquelle n’ayant pas davantage de forme parfaitement close, pleine et isolée, s’ouvrirait et s’ancrerait sur un collectif encore plus vaste. Si bien que d’une expansion à l’autre, nous nous retrouverions assez vite au niveau presque le plus général, celui de la société elle-même. C’est en ce sens que le schisme entre la société d’un côté et l’individu de l’autre est souvent une opinion sociologique non interrogée, qui en fait une problématique tout à fait passionnante. Peut-être pouvons-nous l’exprimer en un chiasme : l’individu est un être social et la société est faite d’individus…»

Un dernier point qui nous renvoie sur la nature naturante (causalité immanante) de Spinoza, ou autrement exprimée par la boucle récursive d’Edgar Morin: les effets et les produits sont nécessaires à leur causation et à leur production, nous sommes produits (de la société, de l’espèce) et producteurs (de la société, de l’espèce) à la fois.

troisvisages148 dans Nietzsche

Pour une histoire naturelle de l’homme: Selon J.-M. Schaeffer, l’affirmation selon laquelle l’homme est une exception parmi les vivants parce qu’il pense a conduit à une survalorisation des savoirs spéculatifs au détriment des savoirs empiriques. C’est à critiquer cette vision du monde, véritable obstacle au progrès scientifique, et à redonner toute sa légitimité au naturalisme que son ouvrage est consacré. Article en ligne: dessiner l’idéal type de la « Thèse » antinaturaliste, abandonner le cogito pour inscrire la lignée humaine dans une histoire naturelle, La société et la culture, expressions naturelles de l’espèce humaine, la « Thèse » comme vision du monde.

Edgar Morin, fragments d’une pensée complexe

     Les nouveaux chemins de la connaissance diffusés du lundi 7 au vendredi 11 janvier 2008, nous proposaient de déplier certains des éléments constitutifs de la pensée complexe d’Edgar Morin. « Complexus » comme ce qui est tissé ensemble dans un enchevêtrement d’entrelacements « plexus ». L’ensemble de ces cinq dialogues avec l’auteur est toujours disponible à l’écoute depuis le site de France Culture.

La vidéo suivante reprend au détour quelques couleurs et concepts de cette pensée conjonctive. Une ligne régénérante et multiréférentielle de Pascal à Spinoza, choses causantes et nature naturantes, nous sommes produits et producteurs à la fois.

http://www.dailymotion.com/video/x481gu

Le documentaire « Empreintes » de France 5 dédié à Edgar Morin est visible ici (jusqu’au 15 février) et sera disponible ensuite en vidéo à la demande.

Sur la question écologique, points de vue croisés Edgard Morin et François Bayrou.

     A l’occasion du magazine politique hebdomadaire de France 3 France Europe Express en date du 18/02/2007, Christine Ockrent recevait Edgar Morin  (sociologue et philosophe français) afin de dialoguer avec le candidat François Bayrou sur la question écologique. Rendez-vous malheureusement bien trop bref, mais dont certains extraits audios sont disponibles à l’adresse suivante : http://www.utime.org/podcast/morin_bayrou.mp3




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