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Archive mensuelle de octobre 2007

Composer ses rapports au monde: surfer ou barboter ?

http://www.dailymotion.com/video/6ve6erCfMG8GGniEA

Trajectoires… pris que nous sommes dans une nature fourmillante, évoquons la technique de soi, le modèle de composition/construction du surfeur. Ce mode d’existence qui s’insère par le milieu des choses, qui chercher à additionner sa puissance à celle de la vague, peut éclairer notre mode d’écoute au monde, renseigner notre rengaine du mais par où commencer ?

D’après la proposition IV de l’Ethique IV, il y a nécessité à composer ses rapports avec les corps extérieurs du fait de l’irréductible extériorité des affects-passions (sentiments) qui nous remplissent: « Il est impossible que l’homme ne soit pas une partie de la nature, et qu’il ne puisse souffrir d’autres changements que ceux qui se peuvent concevoir par sa seule nature et dont il est la cause adéquate. »

D’où le corollaire de cette même proposition: « Il suit de là que l’homme est nécessairement toujours soumis aux [affects] passions (sentiment), qu’il suit l’ordre commun de la nature et y obéit et s’y accommode, autant que la nature des choses l’exige. »

Qui plus est, Ethique IV, proposition V : « La force et l’accroissement de telle ou telle affect-passion (sentiment) et le degré où elle persévère dans l’existence ne se mesurent point par la puissance avec laquelle nous faisons effort pour persévérer dans l’existence, mais par le rapport de la puissance de telle ou telle cause extérieure avec notre puissance propre. » 

Composer ses rapports au monde: surfer ou barboter ? dans Art et ecologie porsche730 

L’homme et la vague, l’homme et le camion, l’homme et l’eau etc etc… c’est à dire le rapport de puissance qui fait qu’un corps va décomposer les rapports caractéristiques de l’autre dans l’évènement que constitue leur rencontre. Capture de parties extrinsèques et modification de rapports caractéristiques, voilà quelques bases d’une chimie spinoziste.

Dans la nature, nous sommes donc condamnés aux rencontres, aux affects-passions du fait de l’effet des corps étrangers sur le notre, du fait que nous formons des idées inadéquates, c’est à dire limitées aux effets de ces corps sur le notre. Je marche dans la rue et je me (dé)compose avec tous les corps existants de la rue.

D’après Ethique III, définitions générales, une idée enveloppe un affect en tant que celui-ci est une transition vécue. Un passage déterminé par le degré de perfection d’une idée à l’autre, mais qui n’est donc pas une idée au sens où celles-ci ne sont jamais porteuses en elles-mêmes des conséquences de leur affirmation en nous-même. D’où la définition de l’affect suivante : une variation (+ ou -) continue (ligne mélodique) de la puissance d’agir ou de la force d’exister de quelqu’un en fonction du degré de perfection des idées qu’il a (cf. III 56 et III déf.2). Plus = joie, moins = tristesse.

flute dans Deleuze

Ainsi, pour Spinoza, selon les degrés de perfection des idées, on définira donc un genre de connaissance (connaissance = auto-affirmation de l’idée en moi) duquel découle un certain mode d’existence fonction des affects dont on est capable en fonction des idées qu’on a. 

Idée inadéquate ou idée affection (barboter) : le premier genre de connaissance, la connaissance « sensible » par les effets des rencontres. Soit le mode d’existence passif où « je vis au hasard des rencontres et des chocs extérieurs ». C’est le monde des perceptions confuses, des signes équivoques dont il ne peut découler que des affects passions du genre: « Ah maman la vague m’a battu ! ». Connaissance mutilée.

Idée notion ou commune (surfer) : le deuxième genre de connaissance, la connaissance par les causes. Soit le mode d’existence actif où « je connais les rapports de convenance et disconvenance entre les corps et où je choisis les bonnes rencontres ». C’est le monde des expressions univoques dont il découle des affects actions du genre:  »Je sais nager ». Connaissance rationnelle.

Idée essence ou « intuitive » : le troisième genre de connaissance, la connaissance par les essences singulières dont les rapports dépendent. Soit le mode d’existence auto-actif où je suis la cause de ce qui m’arrive. Où je suis en « béatitude » dans la mesure où le degré de puissance qu’est mon essence prend conscience de lui-même et des autres degrés de puissance. Il en découle des auto-affects. Connaissance intuitive, soit celle qui fait l’économie du raisonnement.

D’après Ethique II, axiome 3, l’idée est un mode de pensée qui représente quelque chose (l’effet d’un corps sur le mien), l’affect un mode de pensée qui ne représente rien, comme le fait de désirer quelque chose (persévérer dans son être). Si nous avons donc un primat chronologique et logique de l’idée sur l’affect dès lors que pour désirer quelque chose il est nécessaire d’avoir une idée de cette même chose, nous avons cependant un primat « existentiel » de l’affect sur l’idée ou la raison dans la mesure où d’après Ethique IV, proposition VII: « Une passion (sentiment) ne peut être empêchée ou détruite que par une passion contraire et plus forte. » Autrement dit, j’ai beau savoir que ceci ou cela est mauvais pour moi, tant que cette connaissance ne devient pas affect, elle est sans effet sur mon désir, et par exemple, je continue à fumer.

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Pour paraphraser Deleuze, c’est là où la philosophie devient quelque chose de très concret. Car comment s’en sortir une fois dit que nous sommes condamnés aux rencontres et aux idées inadéquates nées de celles-ci ? Alors prendre un point de départ local sur une joie à condition qu’on sente qu’elle nous concerne vraiment (utile propre). Une musique par exemple. Là-dessus on forme la notion commune, c’est à dire l’idée adéquate d’un corps qui fait présenter son âme ou son corps sous le rapport qui se compose le plus directement avec le rapport de cet autre de la rencontre. Là-dessus, on essaie de gagner localement pour étendre cette joie.

Deleuze :  » Le point de départ c’est l’idée de la notion commune et l’affect de joie, c’est l’effet recherché, c’est le mouvement d’intensité dans lequel on cherche à se glisser, comme le surfeur sur sa vague, pour arriver à une idée dont le degré de perfection sera plus grand. » A partir delà on va pouvoir doubler ou remplacer les affects-passions tristes, mais sans jamais s’appuyer dessus. Nous n’avons rien à faire avec la tristesse, elle n’est jamais un tremplin vers quoi que ce soit.

Arts d’existence, souci ou technique de soi. Poser l’expérience. Marcher dans le désordre apparent de la rue, aller à la rencontre. Allumer une musique qui nous atteint joyeusement, garder son attention sur le dehors, surfer sur cette joie de la rencontre musicale, rester présent au dehors, accroître sa puissance d’agir en développant cet agencement, rester souple…surfer. Et d’un coup les couleurs changent. Ma puissance n’est plus seule, elle s’additionne, elle prend appui. Remplacer la musique par autre chose…continuer à tester le surf. Construire ses agencements, préparer ses rencontres.

« Par réalité et perfection j’entends la même chose. » Ethique II, proposition VI.

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« Le désir n’a pas pour objet des personnes ou des choses, mais des milieux tout entiers qu’il parcourt, des vibrations et flux de toute nature qu’il épouse. »
Gilles Deleuze et Félix Guattari, L’Anti-Œdipe.

Désir d’écologie… entre conscience et inconscience ?

«  Longtemps on a considéré la pensée consciente comme la pensée par excellence : maintenant seulement nous commençons à entrevoir le vérité, c’est-à-dire que la plus grande partie de notre activité intellectuelle s’effectue d’une façon inconsciente.  » Nietzsche

http://www.dailymotion.com/video/21nudjpLzGAzQ5WLP 
« Sauver la terre… », « Aimer-vous les uns les autres… » ….qu’est-ce que tout ça signifie, pourquoi est-on capable de dire ceci, comment est-on sensible à cela, d’où vient le désir de… ?

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Explorons très rapidement quelques unes des conceptions du désir susceptibles d’éclairer à leur manière notre désir d’écologie. Tout d’abord celle de Spinoza pour qui : « Le désir, c’est l’essence même de l’homme, en tant qu’elle est conçue comme déterminée à quelque action par une de ses affections quelconque ». Le désir, c’est-à-dire l’appétit avec conscience de lui-même, est inconscient des causes qui le déterminent, et non de son objet, effet confondu avec ses causes. 

Extrait audio d’après Les nouveau chemins de la connaissance, France Culture 
Intervention de Henri Atlan

http://www.dailymotion.com/video/KjbaSj2AM7pzWmZxX
Le désir chez Spinoza


Extrait audio d’après Vendredi de la philosophie, France Culture, Le Dieu de Spinoza
Intervention de Chantal Jaquet

Spinoza – Éthique – définition des passions – définition 1 – explication

 » Nous avons dit plus haut […] que le désir, c’est l’appétit avec conscience de lui-même, et que l’appétit, c’est l’essence même de l’homme, en tant que déterminée aux actions qui servent à sa conservation. Mais nous avons eu soin d’avertir […] que nous ne reconnaissions aucune différence entre l’appétit humain et le désir.

Que l’homme, en effet, ait ou non conscience de son appétit, cet appétit reste une seule et même chose [i.e. puisque nous restons quoi qu’il arrive inconscient des causes qui le détermine]  ; et c’est pour cela que je n’ai pas voulu, craignant de paraître tomber dans une tautologie, expliquer le désir par l’appétit ; je me suis appliqué, au contraire, à le définir de telle sorte que tous les efforts de la nature humaine que nous appelons appétit, volonté, désir, mouvement spontané, fussent compris ensemble dans une seule définition.

J’aurais pu dire, en effet, que le désir, c’est l’essence même de l’homme en tant qu’on la conçoit comme déterminée à quelque action ; mais de cette définition il ne résulterait pas que l’âme pût avoir conscience de son désir et de son appétit. C’est pourquoi, afin d’envelopper dans ma définition la cause de cette conscience  [i.e. des effets et non des causes] que nous avons de nos désirs, il a été nécessaire d’ajouter : en tant qu’elle est déterminée par une de ses affections quelconque, etc.

En effet, par une affection de l’essence de l’homme, nous entendons un état quelconque de cette même essence, soit inné, soit conçu par son rapport au seul attribut de la pensée, ou par son rapport au seul attribut de l’étendue, soit enfin rapporté à la fois à l’un et l’autre de ces attributs. J’entendrai donc, par le mot désir, tous les efforts, mouvements, appétits, volitions qui varient avec les divers états d’un même homme, et souvent sont si opposés les uns aux autres que l’homme, tiré en mille sens divers, ne sait plus quelle direction il doit suivre. « 

http://www.dailymotion.com/video/777MMQgeDYjbfbQy0
Spinoza – Éthique – Livre III – Proposition xx – scholie :

 » Personne ne cesse donc de désirer ce qui lui est utile et ne néglige la conservation de son être que vaincu par les causes extérieures qui sont contraires à sa nature. Personne n’est donc déterminé par la nécessite de sa nature, mais seulement par les causes extérieures, à se priver d’aliments, ou à se donner lui-même la mort […] il peut arriver que des causes extérieures cachées disposent l’imagination d’une personne et affectent son corps de telle façon que ce corps revête une autre nature contraire à celle qu’il avait d’abord, et dont l’idée ne peut exister dans l’âme. Mais que l’homme fasse effort par la nécessité de sa nature pour ne pas exister ou pour changer d’essence, cela est aussi impossible que la formation d’une chose qui viendrait de rien; et il suffit d’une médiocre attention pour s’en convaincre. « 

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Le désir de la psychanalyse 

A partir du l’ouvrage de Gérard Pommier, « comment les neurosciences démontrent la psychanalyse », rappelons tout d’abord quelques notions de base sur l’inconscient freudien.

http://www.dailymotion.com/video/5Rx56qOJSbfyc45BQ
Tout d’abord, précisons que nous confondons bien souvent l’inconscient avec le préconscient (ce qui pourrait devenir conscient), ou encore le non-conscient (les activités automatisées ou intégrées de l’organisme). Or l’activité de l’inconscient détermine la conscience sans jamais être consciente elle-même. C’est l’absence du sujet qui qualifie son inconscience. Certains processus restent inconscient parce qu’ils n’ont pas de sujet : ce dernier ne peut pas ou ne veut pas savoir ce qui demeure inconscient.

L’inconscient se caractérise donc par l’absence de subjectivation de certaines représentations, celles-ci demeurant par ailleurs perceptibles ou mémorisables. Les contenus inconscients sont inclus dans des contenants parfaitement lisibles et perceptibles, seule l’absence du sujet qui leur serait adéquat les rend inconscient. Inconscient veut donc dire qu’il n’y a pas de sujet conscient d’un processus de pensée ou d’un fait. Mais c’est aussi la pensée dont le sujet ne réalise pas qu’il la pense, n’en saisit qu’une dimension, n’en comprend pas la signification.

http://www.dailymotion.com/video/d45MngYrqGfZ5eogu
L’inconscience n’est donc pas un lieu ou une essence. Elle n’a pas de localisation distincte, elle n’est pas organiquement ou géographiquement séparée de la conscience. Elle s’infiltre dans la conscience, elle fonctionne au sein de la conscience. La pensée consciente ne permet de saisir que le non-contradictoire. Elle fonctionne selon les principes de la logique aristotélicienne, à savoir : le principe du tiers exclu (il n’existe pas un troisième terme T qui est à la fois A et non-A, soit une propriété est ou vraie, ou fausse) et la réflexivité (je suis capable d’avoir une idée de mon idée). Se faisant, elle comporte donc en elle-même, à sa surface, le terme que le sujet n’évalue pas (refoule).

Si l’inconscient fonctionne en ultraplat dans la conscience, la représentation inconsciente ne s’intègre pas à celle qui est consciente. L’inconscient travaille dans le conscient à partir de plusieurs dimensions, par exemple, l’ambivalence. C’est-à-dire que tant qu’une contradiction n’est pas subjectivée, elle peut engendrer des symptômes qui extériorisent l’ambivalence : le corps parle à la place du sujet. Désir de non-désir, être vu sans voir, ces processus se structurent hors de l’organisme.

+ Les trois concepts linguistiques de référents, de signifiants et de signifiés , blog Novum Corpus

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http://www.dailymotion.com/video/7apS33zQMyd9EfphY
Le désir inconscient va au-delà des raisons que le sujet s’en donne. C’est-à-dire que l’action signifie davantage que sa réalisation. Inhibé ou divisé, le sujet peut vouloir et ne pas vouloir la réaliser en même temps.

Le désir inconscient ne correspond quant à lui à rien de mémorisé ni de mémorisable. Moteur négatif d’un désir qui ignore son objet, un passé traumatisant engendre un désir de le fuir. Pour aller où, la conscience ne comprend pas ce qu’elle cherche, sinon qu’elle le cherche et qu’il faut juste partir vers.

Le désir inconscient ne peut donc jamais être satisfait puisque son objet échappe à la réalisation. En ce sens, on peut parler de perversité du désir humain, une non-satisfaction peut structurer une satisfaction : le plaisir du manque, le désir pour le désir au point d’oublier ce qu’il désir exactement.

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Les machines désirantes 

A contrario, pour Deleuze et Guattari : « Le désir ne manque de rien, il ne manque pas de son objet. C’est plutôt le sujet qui manque au désir, ou le désir qui manque de sujet fixe, il n’y a de sujet fixe que par la répression. Le désir et son objet ne font qu’un, c’est la machine, en temps que machine de machine » l’Anti-Oedipe, p.43

Dépasser le signifiant et le sujet : l’agencement collectif d’énonciation, d’après article du blog « L’anti-oedipe en question » par Elias Jabre : 

 » [...] Le modèle de l’inconscient deleuzo-guattarien n’est autre que celui de la perversion où l’inconscient machinique produit en permanence des liaisons avec l’environnement qui « dénaturent » le désir, ou plutôt le font évoluer, à force de tâtonnements avec le dehors, jusqu’à capture de nouveaux codes et remodelage de l’orientation libidinale. Le modèle lacanien est, quant à lui, attaché à rechercher la chaîne signifiante du sujet qui serait inscrite dans la structure de son inconscient. Il pourra ainsi retrouver sa véritable place dans l’existence afin de ne plus être dupe de notre monde d’images où, perdu, il souffre de ne pas réaliser son désir profond.

Le concept d’agencement collectif d’énonciation de Guattari-Deleuze permet de sortir de la logique du signifiant. Le sujet n’est plus un individu isolé avec ses signifiants, mais fait partie d’un agencement où il interagit avec un milieu et un groupe qui produisent un agencement collectif d’énonciation en évolution permanente.

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« (…)  la fonction langage… n’est ni informative, ni communicative; elle ne renvoie ni  à une information signifiante, ni à une communication intersubjective. Et il ne servirait à rien d’abstraire une signifiance hors information, ou une subjectivité hors communication. Car c’est le procès de subjectivation et le mouvement de signifiance qui renvoient à des régimes de signes ou agencements collectifs. (…) la linguistique n’est rien en dehors de la pragmatique (sémiotique ou politique) qui définit l’effectuation de la condition du langage et l’usage des éléments de la langue. »

 « (…) Il y a « primat d’un agencement machinique des corps sur les outils et les biens, primat d’un agencement collectif d’énonciation sur la langue et les mots. (…) un agencement ne comporte ni infrastructure et superstructure, ni structure profonde et structure superficielle mais aplatît toutes ses dimensions sur un même plan de consistance où jouent les présuppositions réciproques et les insertions mutuelles.(…) mais si l’on pousse l’abstraction, on atteint nécessairement à un niveau où les pseudos-constantes de la langue font place à des variables d’expression, intérieures à l’énonciation même ; dès lors ces variables d’expression ne sont plus séparables des variables de contenu en perpétuelle interaction. Si la pragmatique externe des facteurs non linguistiques doit être prise en compte, c’est parce que la linguistique elle-même n’est pas séparable d’une pragmatique interne qui concerne ses propres facteurs » ( …).

« Car une véritable machine abstraite se rapporte à l’ensemble d’un agencement : elle se définit comme le diagramme de cet agencement. Elle n’est pas langagière, mais diagrammatique, surlinéaire. Le contenu n’est pas un signifié, ni l’expression un signifiant, mais tous deux sont les variables de l’agencement. »
(…) « L’unité réelle minima, ce n’est pas le mot, ni l’idée ou le concept, ni le signifiant mais l’agencement. C’est toujours un agencement qui produit les énoncés. Les énoncés n’ont pas pour cause un sujet qui agirait comme sujet d’énonciation pas plus q’ils ne se rapportent à des sujets comme sujets d’énoncé. L’énoncé est le produit d’un agencement toujours collectif qui met en jeu en nous et dehors de nous des populations, des multiplicités, des tentations, des devenirs, des affects, des évènements. »
(extraits tirés de Dialogues et Mille plateaux) « 

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Désir conscient inconscient des causes qui le déterminent, désir inconscient qui ignore son objet, désir qui ne manque de rien… à chacun de questionner le désir d’écologie qui sou(en)tend ses actions.

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http://www.dailymotion.com/video/x3b7x2
+ Variations sur le désir : Texte de Jean-Paul Kornobis, décembre 2000.
+ De Claudel à Gombrowicz, ou de Lacan à Deleuze : deux lectures de l’inconscient, blog de l’anti-oedipe en question par Elias Jabre.

Imagerie cérébrale du jour

Imageries cérébrales (10/2007)
Album : Imageries cérébrales (10/2007)
ou neuro-imagerie, désigne l-ensemble des techniques issues de l-imagerie médicale qui permettent d-observer le cerveau, en particulier lorsque qu un individu exécute une tâche cognitive.
14 images
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Source photos : http://fleur2montmagner.free.fr

Etat de l’opinion, septembre 2007

     La seconde vague de l’observatoire « Ipsos/Agri confiance » de la qualité des aliments dressait en septembre 2007 un état des lieux des craintes environnementales et des attentes des consommateurs. Elément notable, les risques liés à la pollution environnementale (air, eau) sont passés en tête des préoccupations des français. Citée par presque 6 personnes sur 10 (57%), cette préoccupation arrive en tête loin devant l’insécurité et la délinquance (47%).

Etat de l'opinion, septembre 2007 dans -> ACTUS diapositive3

Ipsos de conclure : « Sur l’environnement, nos concitoyens sont clairement passés de la sensibilité à l’inquiétude« .

Inquiétudes légitimées par le réçent rapport de l’AEEl’environnement en Europe : quatrième évaluation - qui soulignait que : « On estime que les niveaux actuels, surtout d’oxyde d’azote, de particules fines et d’ozone au sol, réduisent l’espérance de vie moyenne dans les pays d’Europe occidentale et centrale de près d’un an et compromettent la croissance des enfants.« 

Reste maintenant à savoir comment transformer au mieux cette inquiétude en action, et non en inhibition de l’action.

Green is beautiful

SORTIE DU WEB(MAGA)ZINE GREEN IS BEAUTIFUL® N°2

Green is Beautiful Webzine n°2

GREEN IS BEAUTIFUL® est un collectif créé en 2005 regroupant des professionnels de la communication, des artistes, des journalistes et des scientifiques tournés vers le développement durable. Le collectif évolue au carrefour de la communication éco-responsable, de l’esthétique verte ainsi que de l’éducation à la préservation de l’environnement. En savoir +

Centre d’analyse stratégique : rapport sur les perspectives énergétiques de la France 2020-2050

     Le Centre d’analyse stratégique (ancien Commissariat général du Plan) vient de publier sur son site Internet le rapport de la « commission Énergie » mise en place par et présidée par Jean Syrota. Suite à la saisine adressée par le Premier ministre au Centre d’analyse stratégique en mai 2006, la Commission énergie a donc rassemblé de juin 2006 à septembre 2007 les différents acteurs et partenaires de la filière énergie afin de constituer une réflexion d’ordre technique. Ce rapport sera l’une des contributions au groupe de travail n° 1 du Grenelle de l’Environnement : « Lutter contre les changements climatiques et maîtriser l’énergie« .

Sans entrer dans le détail des diverses recommandations du rapport, qui font par ailleurs déjà débat (voir ici), la note suivante reprend quelques extraits chiffrés de l’état des lieux dressé à l’occasion de la présentation du document.

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Centre d’analyse stratégique : rapport sur les perspectives énergétiques de la France 2020-2050 dans -> ACTUS image0031

En France, le CO2 est le principal contributeur des gaz à effet de serre, loin devant le dioxyde d’azote (NO2) et le méthane (CH4), sachant que les différents GES n’ont pas du tout le même potentiel de réchauffement planétaire.

Potentiel de réchauffement planétaire

GES

Formule

PRP de 100 ans

Durée de vie dans l’atmosphère

Dioxyde de carbone

CO2

1

Variable

Méthane

CH4

21

12 ± 3

Oxyde nitreux

N2O

310

120

Hexafluorure de soufre

SF6

23 900

3 200

Le monoxyde d’azote (NO) et le dioxyde d’azote (NO2) sont émis lors des phénomènes de combustion. Le dioxyde d’azote est un polluant secondaire issu de l’oxydation du NO. Les sources principales sont les véhicules (près de 60%) et les installations de combustion (centrales thermiques, chauffages…).

Les principales sources de CH4 sont quant à elles:

  • Les zones humides : 32% des émissions suite à l’action des l’action de bactéries méthanogènes en milieu anaérobie.

  • Les énergies fossiles : 21% des émissions. Le gaz naturel est composé à 90% de méthane. Les fuites lors de son extraction, de son transport, de son traitement et de sa distribution pourraient représenter jusqu’à 2% de la production de gaz naturel, les trois quarts de ces fuites ayant lieu chez le client, après le compteur.

  • Les ruminants : 16% des émissions en tant que produit de la digestion incomplète lors de la fermentation gastro-entérique. Une seule vache peut émettre 100 à 500 litres de méthane par jour.

  • Les déchets humains : 12% des émissions suite à la fermentation des déchets

  • La biomasse : 10% des émissions proviennent de la combustion incomplète des végétaux, mais surtout de leur décomposition organique naturelle.

  • Les sédiments et océans : 4% des émissions par libération des roches contenant du clathrates.

La concentration de méthane dans l’atmosphère a augmenté d’environ 150 % depuis 1750 et atteint aujourd’hui un taux inégalé dans l’histoire.

***

D’après le scénario tendanciel de l’Agence Internationale de l’Energie, les émissions de CO2  dans le monde seraient multipliées par 2,3 d’ici 2050 (+ 20 000 millions de tonnes). Une bonne part de cette augmentation étant due à la croissance des pays en voie de développement (2/3), le reste aux pays de l’OCDE (1/3).

En France, deux secteurs critiques représentent à eux seuls plus de 50 % des émissions de CO2 : le secteur résidentiel-tertiaire (systèmes de chauffage) et les transports. Leur évolution est particulièrement préoccupante : + 14 % pour les transports de 1990 à 2000 puis fléchissement, + 6 % pour le résidentiel – tertiaire de 1990 à 2000 puis stabilisation.

image0041 dans -> NOTIONS D'ECOLOGIE

L’objectif « facteur 4 » européen (division par quatre des émissions de gaz à effet de serre, à l’horizon 2050) nécessitera que les émissions françaises soient limitées à 2,2t CO2/hbt, soit une division par 2,6 des niveaux de 1990. Ce qui impliquera donc très rapidement selon le rapport:

  • une rénovation énergétique de l’habitat existant doit être réalisée à un rythme soutenu ;

  • une réduction impérative de la consommation de produits pétroliers dans les transports (diminution des consommations unitaires des véhicules, modification des modes de déplacement,…)

image005 dans Energie

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***

Quelle est la situation de nos partenaires européens ? Le poids de la France au sein de l’UE est relativement faible en termes d’émissions de CO2 du fait d’un mix énergétique largement dominé par la production d’électricité d’origine nucléaire (près de 80 % de la production en 1990).

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Rappel des objectifs européens en matière énergétique :

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Voir en ligne :

Les rapports finaux des différents groupes de travail de la commission Énergie :

Grenelle à sec

Grenelle à sec dans -> ACTUS image001

Comment accorder du crédit au Grenelle de l’environnement actuel sachant qu’aucun des groupes de travail constitués n’abordent directement la question de l’eau ? 

Transverse, cette question cruciale est, nous dit-on, diluée au cœur de l’ensemble des débats…Là il faut rire, diluer est bien le mot et la méthode. Diluer nos pollutions dans l’eau comme l’eau dans nos (d)ébats. Pourtant l’IFEN, service statistique du MEDD qui ne pourra être suspecté d’une quelconque accointance avec les milieux associatifs, précisait les points suivants dans son rapport sur l’état de l’environnement en France, 2006, chapitre eau. Extraits sans commentaire. Silence, on coule… heureusement que la facture remonte pour faire contrepoids…

image002 dans Ressource en eau

IFEN : Le modèle occidental de gestion de l’eau a été conçu au siècle dernier, sans contraintes de durabilité. Il est à présent contesté : « Il n’est pas adapté au niveau de développement et il n’est pas la panacée ».

Les réflexions et les recherches se basent sur un constat de dilution des pollutions et de gâchis des ressources de très bonne qualité. Ce constat, décliné pour la France, est le suivant : 90 % de la pollution domestique en demande biochimique en oxygène (DBO5), demande chimique en oxygène (DCO) et azote, et 50 % de la pollution en phosphore proviennent uniquement des urines et excréments, eux-mêmes concentrés dans seulement 1 % du volume des effluents.

L’essentiel de la contamination en germes pathogènes provient uniquement des excréments dont le volume ne représente que 0,1 % de celui des effluents. Seuls 3 % des 55 m3 d’eau potable consommés chaque année par un Français sont destinés à un usage alimentaire ou apparenté : boisson, lavage et cuisson des aliments. Les 97 % restant servent à d’autres usages qui n’ont pas la même exigence de qualité de l’eau : lavages corporels, lavages des sols, de la vaisselle, du linge et de la voiture, arrosage du jardin, remplissage de la piscine, etc.

Plusieurs pistes techniques émergent. Pour l’assainissement, il s’agirait de ne plus mélanger les urines et excréments avec les eaux de lavage ou « eaux grises », essentiellement chargées en tensioactifs et phosphates. Les lisiers humains pourraient être récupérés par une filière séparée (toilettes sèches par exemple) et traités par compostage de façon à produire des boues organiques valorisables sans risque a par la filière agricole, car non mélangées avec les autres effluents responsables des apports en contaminants toxiques.

Les eaux grises nécessitent des traitements épuratoires moins coûteux que les effluents domestiques actuels et sont en grande partie recyclables après ces traitements. Pour l’eau potable, il s’agirait de ne prélever que les 3 % nécessaires du volume actuel dans les réserves d’eau souterraine de très bonne qualité.

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Les 97 % restants peuvent se contenter de la ressource superficielle de qualité moindre. La réduction de l’exploitation des eaux souterraines pour l’usage eau potable permettrait de préserver ces ressources faiblement renouvelables pour les générations futures. Elle permettrait aussi à ce compartiment de jouer son rôle de maintien des ressources en eaux superficielles, en particulier des débits d’étiages. Par des pratiques agricoles et des cultures adaptées, les sols végétalisés pourraient alors retrouver leur rôle de régulation des régimes hydrologiques et hydrogéologiques, et de prévention des pollutions des eaux superficielles et souterraines.

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Les systèmes d’assainissement actuels pourraient être utilisés pour la collecte et le traitement des eaux grises nettement moins impactantes en cas de fuites. Les réseaux d’eau potable actuels pourraient être utilisés pour distribuer une eau répondant aux normes de potabilité pour la microbiologie, mais à des normes beaucoup moins contraignantes pour d’autres polluants comme par exemple les nitrates ou les pesticides. Cette eau proviendrait du recyclage des eaux grises complété par des prélèvements dans des cours d’eau ou des nappes superficielles de moindre qualité. L’eau potable proviendrait des nappes profondes de très bonne qualité et serait distribuée en contenants recyclables. Les hôpitaux, industries agroalimentaires et autres établissements qui ont des besoins en eau potable particuliers peuvent abaisser la teneur de l’eau en certains paramètres en installant des postes de traitement complémentaires.

Voir en ligne : Les synthèses IFEN édition 2006 : Etat de L’environnement en France, chapitre eau.
Eau, les 10 indicateurs clés
Les publications de l’IFEN sur le thème de l’eau

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