http://www.dailymotion.com/video/sdx16V48FDzqHlsg9
Baruch Spinoza ( poème de Borges )
Le couchant, brume d’or, teint les vitres, mais l’ombre
Va gagnant le bureau. L’assidu manuscrit
Attend, avec déjà sa charge d’infini;
Quelqu’un est là, construisant Dieu dans la pénombre.
Un homme engendre Dieu. C’est un juif à la peau
Citrine, avec des yeux tristes. Le temps l’enlève
Comme une feuille que la rivière sans trêve
Charrie et qui se perd aux déclinantes eaux.
Qu’importe. Le sorcier persévère; il s’isole
En sa géométrie délicate, créant
Dieu; du fond de sa maladie, de son néant,
Il continue à bâtir Dieu par la parole.
Pour le plus vaste des amours il fut nommé,
Pour cet amour qui n’espère pas être aimé.
Jorges Luis Borges, La monnaie de fer, Gallimard 1976
Oops ! Une erreur est survenue.
L'accès au blog est momentanément impossible,
veuillez nous excuser et ré-essayer dans quelques instants.
Retour ou Écrivez-nous si le problème persiste.


