L’approvisionnement en eau de la ville de Paris

    C’est la municipalité qui est responsable de l’eau à Paris, celle-ci organise le service public, veille à ses performances et à l’évolution des prix. Au niveau de la gestion des risques, quatre lacs réservoirs situés sur la Marne, l’Aube, la Seine et l’Yonne protègent la région parisienne contre les inondations et soutiennent un débit suffisant de la Seine et de la Marne en période de sécheresse. L’article suivant présente les principales caractéristiques des services et réseaux de la ville liés à l’eau tels que décrits dans le rapport de présentation du plan local d’urbanisme de la ville de Paris.

Le réseau d’eau potable de la ville

     Pour le compte et sous le contrôle de la municipalité, la Société anonyme de Gestion des Eaux de Paris (SAGEP)  produit l’eau potable de la Ville de Paris. Pour ce faire, elle capte l’eau dans les sources ou la pompe dans la Seine et la Marne (50% du total) à partir des trois usines de production de Joinville, Orly et Ivry. Les usines d’Ivry et d’Orly traitent l’eau de la Seine et l’usine de Joinville traite l’eau de Marne. Ces usines utilisent un processus de potabilisation par filtration biologique lente. Une succession de trois bassins filtrants permet de clarifier l’eau. Puis l’eau, débarrassée de la plupart de ses micro-organismes est affinée par une ozonation et une filtration sur charbons actifs en grains. Chaque usine produit en moyenne 120 millions de litres d’eau par jour, jusqu’à 300 millions de litres en cas de besoin.  

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Plus de la moitié de l’eau qui coule dans les robinets parisiens provient de sources situées dans un rayon de 80 à 150 km autour de la capitale. Ce qui est une garantie tant en terme de sécurisation des approvisionnements que d’économie d’énergie, les eaux étant acheminées par aqueducs jusqu’à Paris par voie gravitaire (transport passif). Le système assure donc un approvisionnement en eau même en cas de pénurie électrique.

Potabilisée, traitée, l’eau est alors transportée jusqu’à Paris et conservée dans cinq grands réservoirs : à Saint Cloud pour les eaux de l’Ouest, aux Lilas et à Ménilmontant pour les eaux des usines d’Ivry et de Joinville, à l’Hay les Roses pour les eaux d’Orly et à Montsouris pour celles du Sud. L’ensemble des réservoirs a une capacité de stockage de près d’une journée et demie de consommation. De là, les eaux sont réparties dans Paris depuis le centre de contrôle et de commande de l’eau à Paris.

C’est dans ces derniers que la société Eau et Force Parisienne des Eaux pour la rive gauche et la Compagnie des eaux de Paris pour la rive droite, délégataires de la Ville de Paris, prélèvent l’eau pour la distribuer aux usagers jusqu’au compteur de leur immeuble. La distribution tient compte de la topographie de la ville. Le réservoir de Montsouris, situé à une altitude plus basse que les autres réservoirs, alimente les zones les plus basses de la Capitale. Les quartiers proches de la Seine reçoivent ainsi des sources du Sud. L’Ouest parisien reçoit les eaux des sources de l’Ouest stockées dans le réservoir de Saint-Cloud. Les eaux de surface alimentent les autres zones c’est à dire le Sud, le Nord et l’Est de Paris. Les buttes de Montmartre, Belleville, Passy nécessitent un relevage des eaux, pour garantir la pression au pied des immeubles. Celle-ci doit être de 3 bars, soit l’équivalent d’une colonne montante de 30 mètres. Les immeubles plus hauts sont équipés de surpresseurs.

En amont de sa production, après sa potabilisation ou encore avant et pendant sa distribution, l’eau fait l’objet de multiples contrôles afin de garantir aux Parisiens une qualité sanitaire irréprochable. Le Centre de Recherche, d’Expertise et de Contrôle des Eaux de Paris – CRECEP, laboratoire de la ville agréé par le ministère de la Santé, surveille, sur mission de l’État et de la Ville, la qualité des eaux produites par la SAGEP et contrôle les eaux de sources et de rivière.

Réseau d’assainissement des eaux usées et des eaux pluviales

     Lorsqu’elle ressort des habitations, l’eau s’écoule dans les égouts. C’est alors à la section de l’assainissement de Paris- SAP -service de la ville de gérer la collecte des eaux usées et pluviales dans tout Paris, de veiller au bon fonctionnement, d’entretenir et de moderniser régulièrement les égouts parisiens. Les eaux usées, mais également une partie des eaux de pluies sont alors acheminées jusqu’à l’une des quatre usines d’épuration du Syndicat Interdépartemental pour l’Assainissement de l’Agglomération Parisienne (SIAAP) dont Paris fait partie.

Construit à partir de la seconde moitié du XIXE siècle selon les plans d’Eugène Belgrand le réseau d’assainissement de Paris représente une longueur totale de 2 430 km, dont 180 km d’émissaires et de collecteurs constituant le réseau principal au sens de l’hydraulique. Il draine une surface totale d’environ 8 000 hectares et dessert une population résidente estimée à 2,1 millions d’habitants, auxquels s’ajoute une population occasionnelle d’environ 1,4 million d’habitants de la banlieue venant travailler à Paris intra-muros.

Les égouts parisiens

Ce réseau transporte chaque jour de temps sec environ un million de m3 d’eaux usées. Il s’agit d’un réseau en quasi-totalité de type « unitaire », c’est-à-dire qu’il collecte dans les mêmes ouvrages les eaux usées et les eaux pluviales. Seul le nouveau quartier Paris Rive Gauche construit autour de la Bibliothèque Nationale de France dispose d’un réseau séparatif.

Le fonctionnement du réseau est largement gravitaire : les eaux s’écoulent grâce aux pentes données aux ouvrages. Six stations de pompage relèvent toutefois en permanence les eaux des quartiers bas des 12e, 13e et 16e arrondissements (Mazas, Chamonard, Tolbiac-Masséna, Austerlitz, Watt et Auteuil). Trois autres stations assurent plus particulièrement la protection du réseau d’assainissement en période de crue de la Seine (Cité, Montebello et Alma), sachant que les stations permanentes sont toutes équipées de pompes supplémentaires pour les périodes de crues.

Le réseau et ses différents ouvrages sont assez largement dimensionnés et l’existence de 45 déversoirs d’orages rejetant directement en Seine les eaux excédentaires permettent d’éviter les mises en charge excessives et les inondations lors des fortes pluies. Ce réseau assure 3 fonctions essentielles :

  • la collecte des eaux usées et des eaux de ruissellement de Paris intra-muros, et leur transport jusqu’aux « émissaires », canalisations de grand diamètre assurant leur évacuation vers les ouvrages d’épuration interdépartementaux exploités par le SIAAP ;

  • le transport d’effluents venant de départements amont (Val de Marne et Seine Saint Denis) vers ces mêmes émissaires ;

  • la fonction de galerie technique du fait de son caractère visitable et de ses dimensions. En abritant généralement des conduites d’eau potable et non potable, et dans certains ouvrages, des conduites d’eau glacée pour climatisation, des câbles très basse tension ou des fibres optiques, l’utilisation en galeries multiréseaux permet ainsi de limiter les ouvertures de tranchées en surface à l’occasion des travaux de pose ou de modernisation ;

     Une fois collectées, les eaux usées de Paris sont envoyées vers les stations d’épuration du SIAAP pour y être traitées avant leur rejet au milieu naturel en Seine. Compte tenu de connexions existantes entre les émissaires assurant ce transport, les eaux usées parisiennes peuvent être traitées à la station Seine centre (Colombes : 240 000 m3/jour) ou Seine aval (Achères : 2 100 000 m3/jour). La station Seine centre mise en service en 1998 assure une épuration très performante des pollutions carbonée, azotée et phosphatée, alors que Seine aval, de conception plus ancienne, est en cours de modernisation pour améliorer ses performances.

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Les eaux pluviales contiennent une pollution différente de celle des eaux usées, mais non négligeable. Elles sont moins riches en matière organique et en azote, mais contiennent de grandes quantités de matières en suspension sur lesquelles sont fixés des micros polluants persistants comme les métaux lourds et certains hydrocarbures (HAP, PCB). Le ruissellement des eaux sur les chaussées urbaines et certaines toitures métalliques explique pour une large part cette pollution spécifique.

Le réseau étant unitaire, les eaux de ruissellement sont mélangées avec les eaux usées, et traitées avec elles à la station tant que le réseau n’est pas saturé, ou rejetées en Seine en cas de saturation. Il faut noter que, dans le cas du traitement, les micros polluants ne sont pas traités par la station et se retrouvent dans les boues, ce qui rend leur nécessaire élimination de plus en plus difficile, notamment par la filière de la valorisation agricole qui est le mode d’élimination le plus utilisé par le SIAAP.

Le programme de modernisation de l’assainissement parisien adopté par le Conseil de Paris en 1990, d’une durée de 20 ans, a placé la protection de la Seine et la réduction des déversements de temps de pluie parmi ses tout premiers objectifs. Il n’est pas envisageable d’augmenter la capacité du réseau pour l’adapter aux volumes à transporter, sachant que les stations d’épuration n’auraient pas elles-mêmes la possibilité de traiter les débits de pointe qui se présenteraient. Le programme prévoit de traiter le problème plus à l’amont, par la construction de bassins de stockage retenant les eaux excédentaires pendant la durée de l’événement pluvieux et les restituant au réseau lorsque celui ci a retrouvé une certaine capacité disponible après la pluie. Par ailleurs, l’équipement des déversoirs d’orage par des vannes de régulation automatisées, largement réalisé aujourd’hui, permet d’empêcher le déversement tant qu’il n’y a pas mise en charge excessive et risque d’inondation.

Les ouvrages de stockage d’eaux unitaires aménagés à ce jour représentent un volume total de 35 000 m3 (17 000 m3 dans le bassin Proudhon construit en bordure du Parc de Bercy, 16 000 et 2 000 m3 dans les déversoirs d’orage Proudhon et Buffon, spécialement aménagés pour le stockage des eaux). Les eaux pluviales recueillies sur le nouveau quartier Paris Rive Gauche, équipé d’un réseau séparatif, sont quant à elles stockées dans le collecteur construit sous les quais et décantées avant d’être rejetées dans la Seine.

Les égouts parisiens

Le réseau d’eau non potable à Paris

     Il existe à Paris un réseau d’eau non potable destiné essentiellement au service public municipal pour le nettoyage des rues et des égouts ainsi que pour l’arrosage des espaces verts et pour les besoins ponctuels de certains industriels.

L’eau est puisée en Seine (usine d’Austerlitz et d’Auteuil) ou dans le Canal de l’Ourcq (usine de la Villette) et est distribuée, sans autre traitement qu’un dégrillage suivi, dans la plupart des usines, d’un tamisage. L’eau non potable est stockée dans des réservoirs d’une capacité globale de 181 000 m3 et dont les principaux sont les réservoirs de Passy, de Villejuif et de Ménilmontant.

Sur le web

Lire l’interview de Bruno Portier, auteur du docu-fiction d’anticipation « Paris 2011″ : http://www.linternaute.com/paris/magazine/chat/06/bruno-portier/bruno-portier-chat.shtml

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